Pilier de l’économie nationale, mobilisant plus de 60 % de la population active, le secteur agricole au Togo a connu une année dense, marquée par des réformes structurantes, des investissements stratégiques et une forte mobilisation des acteurs de terrain.
Nourrir la population togolaise et ne laisser personne de côté ©agridigitale.tgDes petites exploitations familiales aux grandes plateformes de concertation, une même ambition a traversé l’année 2025 au Togo, celle de bâtir une agriculture plus résiliente, productive et souveraine.
Des priorités nationales clairement affirmées
Dès les premiers mois de l’année, les actions menées au Togo ont donné le ton. Le gouvernement togolais, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, a renforcé ses politiques en faveur de la modernisation agricole. Parmi les avancées majeures figure l’élaboration d’une feuille de route nationale sur l’assurance agricole, en partenariat avec le Global Center on Adaptation (GCA), Bioversity International et le CIAT. Cette initiative ouvre la voie à des mécanismes d’assurance basés sur des indices climatiques, destinés à protéger les producteurs contre les sécheresses, inondations et autres chocs climatiques de plus en plus fréquents. Dans la même dynamique, l’État a poursuivi ses efforts pour améliorer les services agricoles et la gestion durable des ressources.
L’organisation à Lomé d’un atelier consacré au Système national d’information sur les sols (FertiTogo) a permis de renforcer les outils de cartographie de la fertilité des sols et d’orienter plus efficacement les pratiques agricoles vers la durabilité.
La FAO aux côtés des petites exploitations agricoles
Sur le terrain, le bureau de la FAO au Togo a intensifié son accompagnement des petites exploitations agricoles, qui constituent le socle de la production nationale. À travers des appuis techniques, la promotion de pratiques agroécologiques, la gestion durable des sols et de l’eau, le renforcement des organisations paysannes et l’amélioration de l’accès aux marchés, l’agence des Nations Unies a contribué à sécuriser les moyens de subsistance des ménages ruraux. Les interventions ont également ciblé la résilience climatique, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, ainsi que l’autonomisation des producteurs, notamment des femmes et des jeunes, dans une logique de développement rural inclusif.
Innovation agricole et solutions numériques
Le Programme régional de sécurité alimentaire et de résilience (FSRP-Togo) s’est illustré par son soutien à l’innovation et au numérique agricole. En 2025, le Hackathon Togo AgTech organisé à Lomé a rassemblé startups, développeurs et acteurs du monde agricole autour de solutions concrètes pour améliorer la production, la transformation et la commercialisation des produits agricoles.
Cette dynamique a été renforcée par l’Innovation Ouverte AgriTech 2025 à Tindjassi, un espace d’expérimentation et de partenariats favorisant l’émergence de technologies adaptées aux réalités locales et aux défis de l’agriculture durable.
Investissements structurants et mécanisation agricole
L’année a également été marquée par des investissements d’envergure. La Banque mondiale a annoncé un financement de 300 millions de dollars à travers le projet ProMAT, axé sur le maraîchage agroécologique paysan. Ce programme vise à améliorer l’accès à la mécanisation, à l’irrigation, aux services financiers et aux technologies climato-intelligentes pour plus de 340 000 agriculteurs. Sur le plan opérationnel, la coopération sino-togolaise s’est illustrée par le don de 94 motoculteurs aux Zones d’Aménagement Agricole Planifiées (ZAAP) de Kara.
Cette action vient répondre à un défi structurel : le faible taux de mécanisation agricole, encore dominé par les outils manuels. En parallèle, le gouvernement a accéléré la mise en place de centres régionaux de mécanisation agricole et le déploiement de plus de 400 tracteurs, avec pour objectif d’atteindre un taux de mécanisation de 7 %.
Souveraineté semencière et agroécologie
La question des semences a occupé une place centrale en 2025. À Niamtougou, la 4ᵉ édition de la Foire Ouest Africaine des Semences Paysannes a rassemblé près de 600 participants venus de plus de 30 pays. La Déclaration de Niamtougou a consacré un engagement fort en faveur de la préservation, de la valorisation et de la protection des semences paysannes, considérées comme un pilier de la souveraineté alimentaire et de la résilience climatique.
Recherche, transformation et chaînes de valeur locales
Le Togo a renforcé sa coopération avec des institutions de recherche telles que l’IITA et AfricaRice, qui ont mis à disposition 29 machines de transformation du manioc et du riz. Ces équipements contribuent à améliorer la transformation locale, réduire les pertes post-récolte et créer davantage de valeur ajoutée pour les producteurs.
Femmes, coopératives et économie verte en lumière
L’année 2025 a également consacré la montée en puissance des femmes dans l’agriculture et l’entrepreneuriat vert. Le TROFEDEV 2025 a distingué des initiatives innovantes dans l’agriculture durable, la transformation agroalimentaire, le recyclage et l’économie circulaire. Cette compétition illustre le rôle central des femmes dans la transition écologique et la création d’emplois. La célébration de l’Année internationale des coopératives est aussi venue rappeler l’importance de l’organisation collective pour renforcer l’accès aux marchés, aux financements et aux innovations.
Une vitrine internationale pour le secteur agricole togolais
La 12ᵉ édition du Salon International de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire (SIALO 2025) à Lomé a offert une vitrine aux produits locaux, aux innovations et aux opportunités d’investissement, consolidant la visibilité du secteur à l’échelle nationale et régionale.
Un cap clairement tracé pour l’avenir
En 2025, le Togo a posé des bases solides pour une agriculture plus moderne, résiliente et inclusive. Entre politiques publiques affirmées, appui aux petits producteurs, innovation technologique, souveraineté semencière et valorisation des acteurs locaux, le secteur agricole confirme son rôle de moteur du développement. Une dynamique est désormais enclenchée, avec une ambition claire. Il s’agit de faire de l’agriculture togolaise un pilier durable de la souveraineté alimentaire et de la croissance économique, un véritable levier de transformation économique, sociale et environnementale.
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