Au Togo, le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC) annonce l’achèvement des travaux de construction du premier centre d’excellence de traitement post-récolte à Abréwankor avec pour objectif, de produire un cacao haut de gamme capable de conquérir les marchés internationaux les plus exigeants.
Un investissement pour améliorer la qualité du cacao togolais. Le CCFCC vient d’achever la construction du tout premier centre d’excellence de traitement post-récolte du cacao au Togo, implantée à Abréwankor, dans la préfecture de Wawa. L’annonce a été faite le mardi 12 mai 2026 à Lomé par le secrétaire général du CCFCC, Enselme Gouthon, lors d’une conférence de presse consacrée à la présentation du projet.
À travers cette initiative, le Togo ambitionne de renforcer durablement la qualité de son cacao afin d’intégrer le cercle restreint des pays producteurs de cacao « fin et aromatisé », particulièrement recherché par les grands chocolatiers internationaux. Construit sur une superficie de 1,37 hectare, le centre a nécessité un investissement total de 160 millions FCFA, entièrement financé sur fonds propres par le CCFCC. Lancés en octobre 2025, les travaux ont été réalisés en quelques mois seulement.
L’infrastructure s’inspire des modèles d’excellence développés au Cameroun et répond aux normes internationales de traitement post-récolte. Elle comprend notamment un magasin de stockage de 25 tonnes, un hall de fermentation de 78 m², cinq tunnels de séchage de dix mètres chacun, un bloc sanitaire, deux dortoirs, un vestiaire, un système d’adduction d’eau potable ainsi qu’une électrification solaire. Afin d’assurer une meilleure collecte des fèves dans les treize villages concernés par le projet dans la préfecture de Wawa, le centre a également été doté de deux motos et de deux tricycles.
Produire 100 tonnes de cacao d’excellence
Selon Enselme Gouthon, l’objectif est de produire dès la première année 100 tonnes de cacao d’excellence destinées aux marchés de niche à forte valeur ajoutée, avant une montée progressive des volumes lors des prochaines campagnes agricoles. « Le cacao est un produit fragilisé par le marché international, car il est coté en bourse. À chaque fois, le paysan est confronté à la chute de cette matière première.
Donc, la meilleure solution pour sécuriser le producteur est de l’aider à améliorer la qualité de son produit », a expliqué le secrétaire général du CCFCC. Au-delà de la transformation post-récolte, le centre se veut également un espace de formation et de professionnalisation des producteurs et des transformateurs. « On a mis tout en place dans ce centre pour continuer à former les producteurs et les transformateurs. Si le producteur est bien formé, il a tout à gagner », a ajouté Enselme Gouthon.
La gestion du centre sera confiée à l’Union des Sociétés Coopératives des Producteurs de Café et Cacao IBA COOP-CA de Badou, dont deux membres viennent d’être distingués sur la scène internationale. Les producteurs Aboudou-Moumouni Maman et Koffi Ekouadji ont en effet remporté chacun une médaille d’or au concours international “Cocoa of Excellence 2025” dans la catégorie Afrique et Océan Indien.
L’inauguration officielle du centre est prévue le 23 mai prochain à Abréwankor, en présence des ministres en charge de l’économie et de l’agriculture ainsi que de plusieurs personnalités internationales du secteur cacaoyer, notamment des responsables de l’Organisation internationale du cacao et des chocolatiers français membres du “Club des Chocolatiers Engagés”.
Qualité, compétitivité et sécurisation des revenus
À travers ce centre d’excellence, le Togo opère un repositionnement stratégique de sa filière cacao. Face à la volatilité des cours mondiaux et à la forte concurrence sur le marché international, les autorités et les acteurs de la filière misent désormais sur la qualité plutôt que sur les volumes. Le choix de produire un cacao haut de gamme répond à une logique économique claire : accéder à des marchés spécialisés capables d’offrir des prix largement supérieurs aux cours standards.
Selon les responsables du projet, le cacao issu du centre pourrait être vendu à plus du double du prix du marché courant grâce à sa qualité premium. Cette orientation constitue également une réponse aux difficultés auxquelles sont confrontés les producteurs. Les fluctuations permanentes des prix internationaux fragilisent les revenus des cultivateurs, souvent dépendants des variations des marchés boursiers.
En améliorant la qualité des fèves, les producteurs peuvent accéder à des segments plus rémunérateurs et mieux valoriser leur production. Le projet traduit aussi une volonté de renforcer la chaîne de valeur locale autour du cacao. Les infrastructures de fermentation, de séchage et de stockage permettront d’améliorer considérablement les standards de traitement post-récolte, étape essentielle pour obtenir un cacao répondant aux exigences des chocolatiers internationaux.
L’accent mis sur la formation apparaît également stratégique. La qualité du cacao dépend fortement des pratiques culturales, des techniques de fermentation et du respect des normes de transformation. En professionnalisant les producteurs et les coopératives, le CCFCC cherche à construire une filière plus compétitive, durable et résiliente. Cette dynamique pourrait par ailleurs renforcer l’attractivité du cacao togolais sur les marchés internationaux et améliorer les revenus des communautés rurales impliquées dans la production.