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Léconomiste du Togo

La BCEAO retire près de 500 agréments aux microfinances

La Bceao a divisé par deux le nombre d’institutions de microfinance autorisées dans l’Uemoa pour protéger l’épargne des populations. Une cure d’assainissement rigoureuse qui s’accompagne d’un encadrement accru des fintechs et d’un boom de la monnaie électronique dans la région.

L’assainissement du secteur de la microfinance se poursuit dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Face aux insuffisances relevées dans la gestion de certaines institutions, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) a retiré près de la moitié des agréments délivrés dans l’Union. Une décision qui vise à protéger l’épargne des populations.

Interrogée sur cette fermeture, l’adjointe au directeur de la Microfinance et de l’inclusion financière de la Bceao, Assa Sangaré Sèye, a expliqué que cette opération répond à une volonté d’assainir durablement le secteur. Elle s’exprimait hier, mardi 21 juillet, lors d’un séminaire de formation des journalistes économiques de l’Uemoa organisé par la Banque centrale. « Lorsqu’on collecte l’argent des populations, il est indispensable que cette activité soit rigoureusement encadrée. Nous avons constaté des pratiques qui n’étaient pas conformes aux dispositions réglementaires », a expliqué Mme Sèye.

Selon elle, le nombre d’institutions de microfinance est passé d’environ 1.000 à près de 500 dans l’ensemble de l’Union. Les établissements qui ne respectaient pas les exigences prudentielles, les règles de gouvernance ou les normes de gestion ont vu leurs agréments retirés. Pour la Bceao, cette mesure constitue une étape nécessaire pour restaurer la confiance dans le secteur et mieux protéger les déposants. « Les institutions qui sont, aujourd’hui, en règle seront accompagnées, afin qu’elles puissent pleinement jouer leur rôle dans le financement des populations et l’inclusion financière », a assuré l’adjointe au directeur de la Microfinance.

La question des agréments accordés aux fintechs a également été soulevée au cours des échanges avec les journalistes. La Bceao rappelle que le développement de l’innovation financière ne peut se faire au détriment de la sécurité des usagers. Chaque demande d’autorisation fait ainsi l’objet d’une analyse approfondie portant particulièrement sur la gouvernance, la solidité financière, la capitalisation, les dispositifs de sécurité informatique ainsi que les procédures internes de gestion des risques.

Les fintechs soumises aux mêmes exigences L’objectif, a insisté Assa Sangaré Sèye, est de favoriser l’innovation tout en garantissant la stabilité du système financier et la protection des utilisateurs. Dans sa présentation, elle est largement revenue sur l’inclusion numérique. D’après cette dernière, en l’espace d’une décennie, l’Uemoa a profondément transformé son paysage financier. Selon les données de la Bceao, le taux d’inclusion financière est passé de 41,7 % en 2015 à 76,1 % en 2025. Une progression spectaculaire portée essentiellement par le développement de la monnaie électronique. Cette évolution s’est accompagnée également d’une forte extension du réseau de distribution des services financiers.

Le nombre de points de services pour 10.000 habitants est passé de 31 à 224 entre 2015 et 2025. Par ailleurs, la densité géographique a fortement progressé, passant de 54 à 563 points pour 1.000 km², rapprochant les services financiers des populations, y compris dans les zones rurales. Pour Mme Sèye, la monnaie électronique représente plus de 60 % du taux d’inclusion financière enregistré dans l’Union.

L’ambition est d’atteindre un taux d’inclusion financière de 90 % de la population adulte à l’horizon 2030. Il s’agit non seulement d’élargir l’accès aux services financiers, mais de garantir aussi que ceux-ci soient adaptés aux besoins des populations, c’est-à-dire accessibles, sécurisés et proposés à un coût abordable.

source: le soleil

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