Réunis à Abidjan pour leur 18ᵉ réunion, les membres de l’Association des Autorités des marchés financiers de l’Afrique de l’Ouest (AMFAO/WASRA) ont fait le point sur les principaux chantiers visant à construire un marché régional des capitaux plus intégré, plus compétitif et plus attractif.
Abidjan au cœur de la coopération régionale. Le Conseil exécutif de l’Association des Autorités des marchés financiers de l’Afrique de l’Ouest (AMFAO), également connue sous son acronyme anglais West Africa Securities Regulators Association (WASRA), a tenu sa 18ᵉ réunion le 23 juillet 2026 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la présidence de l’Autorité des marchés financiers de l’UMOA (AMF-UMOA), qui dirige l’organisation pour la période 2024-2026, conformément aux décisions issues de la Conférence des marchés des capitaux de l’Afrique de l’Ouest (WACMaC), organisée à Lagos en 2023.
Trois chantiers pour bâtir un marché financier régional
Au cœur des échanges figurait l’avancement du projet d’intégration des marchés de capitaux de l’Afrique de l’Ouest. Ce vaste programme repose sur trois axes majeurs : l’harmonisation des réglementations applicables aux marchés financiers, le développement des courtiers régionaux et le renforcement de la coopération entre les autorités de régulation. L’objectif est de créer un environnement permettant aux intermédiaires financiers répondant aux critères établis d’exercer directement leurs activités sur plusieurs marchés de capitaux de la sous-région. Une telle évolution faciliterait les investissements transfrontaliers, améliorerait la liquidité des marchés et offrirait davantage d’opportunités aux investisseurs comme aux entreprises en quête de financement.
Kossi Tenou appelle à renforcer l’intégration régionale
En ouvrant les travaux, le président de l’AMF-UMOA, Kossi Tenou, a salué la participation des délégations des autorités de régulation des marchés financiers du Ghana et du Nigéria. Il a rappelé que l’AMFAO joue un rôle essentiel dans le renforcement de la coopération entre les institutions membres et dans la promotion de marchés de capitaux plus intégrés, plus résilients et plus attractifs au service du développement économique de l’Afrique de l’Ouest. Selon lui, la coordination des régulateurs constitue une condition indispensable pour accroître la confiance des investisseurs et accompagner le financement des économies de la région.
Une organisation encore en quête de reconnaissance institutionnelle
Créée le 4 mars 2016 par la signature d’une charte entre l’AMF-UMOA, la Securities and Exchange Commission (SEC) du Ghana et celle du Nigéria, l’AMFAO a vu son texte fondateur révisé le 3 mars 2018 afin de renforcer son fonctionnement. L’organisation a été conçue comme un instrument majeur de mise en œuvre de l’intégration des marchés financiers prévue par l’article 53 du Traité révisé de la CEDEAO. Malgré les progrès réalisés, elle ne bénéficie toujours pas du statut d’institution spécialisée de la CEDEAO, une reconnaissance qui renforcerait sa légitimité et faciliterait la conduite des réformes régionales.
Vers un marché des capitaux plus compétitif en Afrique de l’Ouest
La poursuite des travaux de l’AMFAO traduit la volonté des régulateurs ouest-africains de lever progressivement les barrières réglementaires qui freinent encore les flux d’investissements au sein de la région. À terme, l’intégration des marchés de capitaux devrait permettre une meilleure mobilisation de l’épargne régionale, élargir les possibilités de financement des entreprises et contribuer à faire émerger un espace financier ouest-africain plus profond, plus dynamique et capable d’attirer davantage de capitaux internationaux.