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Léconomiste du Togo

Investissement : la DIHK propose un fonds dédié à l’Afrique

La DIHK est l’organisation faîtière qui représente et défend les intérêts du secteur privé allemand. Elle veut renforcer l’engagement économique de l’Allemagne sur le continent.

La Chambre de commerce et d’industrie allemande (DIHK) a appelé à la création d’un fonds d’investissement public-privé dédié à l’Afrique, ainsi qu’à un assouplissement des mécanismes allemands de garantie à l’export, afin de renforcer l’engagement économique de l’Allemagne sur le continent. « En raison du contexte géopolitique actuel, les entreprises allemandes n’ont d’autre choix que de rechercher de nouveaux marchés », a déclaré Heiko Schwiderowski, directeur pour l’Afrique subsaharienne à la DIHK, dans un entretien publié par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ).

Il a également plaidé pour une meilleure prise en compte des enjeux économiques dans les programmes de coopération internationale allemands, en proposant de compléter les critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) par un volet économique, afin de renforcer l’implication du secteur privé allemand dans les projets de développement sur le continent.

Un intérêt croissant dans un contexte international instable

Les entreprises industrielles allemandes manifestent un intérêt croissant pour l’Afrique afin de diversifier leurs chaînes d’approvisionnement et leurs débouchés, a souligné Schwiderowski, également membre du conseil consultatif du secteur privé de la GIZ. Cet intérêt s’inscrit, a-t-il ajouté, dans un contexte international de plus en plus instable, marqué notamment par les incertitudes en Chine et aux États-Unis, ainsi que par la volonté de l’Union européenne (UE) de rompre avec la Russie après l’invasion de l’Ukraine.

Dans ses échanges avec le continent africain, l’Allemagne accuse un retard par rapport à d’autres grandes puissances économiques, a-t-il rappelé. Les exportations allemandes vers l’Afrique ne représentent qu’environ 2 pour cent du total des exportations de la première économie de l’Union européenne (UE), a-t-il précisé.

Les entreprises allemandes bénéficient néanmoins d’une solide réputation en Afrique, portée par la qualité de leurs produits et la continuité de leur engagement, a souligné Schwiderowski, qui se dit « prudemment optimiste » quant à une progression des échanges dans les années à venir. Les secteurs de l’énergie, de la santé et de l’agriculture apparaissent comme les plus prometteurs.

Obstacles persistants à l’investissement

Au-delà des marchés traditionnels, plusieurs économies africaines en forte croissance attirent désormais davantage l’attention des investisseurs allemands, notamment la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Zambie, l’Angola, le Rwanda et la Tanzanie, ainsi que la République démocratique du Congo (RDC), notamment pour ses ressources minières.

Malgré cet intérêt, le manque de connaissance des marchés, l’aversion au risque ainsi que les difficultés d’accès au financement et aux mécanismes allemands de garantie à l’export continuent de limiter la présence des entreprises allemandes sur le continent. Dans certains cas, ces contraintes conduisent certaines entreprises à transiter par d’autres pays européens pour structurer leurs opérations.

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