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Léconomiste du Togo

Gestion publique: De Minsk à Riyad, le Togo mobilise ses partenaires pour financer son plan agricole à 1,6 milliard $


De ses impératifs de sécurité alimentaire à la transformation d’une filière stratégique pour son économie, le Togo estime ses besoins à environ 1,6 milliard USD d’ici 2034. Une stratégie qui nécessitera des financements publics, mais aussi d’importants capitaux privés.

Le Togo structure progressivement ses partenariats internationaux pour soutenir ses ambitions agricoles. Cet agenda a de nouveau été réaffirmé le 1er septembre, à l’occasion d’un entretien entre le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, et le président biélorusse Alexandre Loukachenko, en marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Derrière cette dynamique se joue une course contre la montre pour Lomé, qui doit mobiliser 950 milliards de francs CFA (1,6 milliard USD) pour mettre en œuvre son programme de transformation agricole (ProMAT) à l’horizon 2034.

Filière stratégique pour l’économie togolaise, l’agriculture représente près de 40 % du PIB national et emploie environ 60 % de la population active. Au-delà de son rôle nourricier à travers la production de produits vivriers, notamment céréaliers, le secteur génère aussi des recettes à l’exportation grâce au coton, au café et au cacao.

Dans le cadre de sa stratégie de développement, le gouvernement entend poursuivre la transformation du secteur et accélérer les investissements dans la modernisation de l’agriculture, le développement des industries de transformation et l’amélioration de l’accès des produits aux marchés. Une stratégie qui pousse les autorités à se rapprocher de partenaires stratégiques.


Des partenariats aux profils différents


Dans cette dynamique, la Biélorussie s’impose depuis quelques mois comme un partenaire régulier. Dès mars, une délégation biélorusse conduite par le ministre des Affaires étrangères, Maxim Ryzhenkov, posait les bases d’une coopération renforcée à Lomé.

La mécanisation agricole, l’irrigation, l’accès aux engrais, la fourniture de semences et le développement de projets intégrés avaient alors été identifiés comme des axes potentiels. La rencontre de cette semaine entre les deux dirigeants vient prolonger ces discussions, avec notamment l’exploration d’opportunités d’investissement dans le secteur agricole togolais.


Le profil de Minsk présente un intérêt particulier pour Lomé, compte tenu de son industrie de fabrication de tracteurs et de machines agricoles, ainsi que de son expérience dans les filières d’élevage et l’agro-industrie. En mars, elle avait notamment annoncé son intention de fournir environ 4 500 machines agricoles au Togo, donnant une première traduction concrète à cette coopération. À l’autre bout de la chaîne, l’Arabie saoudite peut constituer un levier financier.

En juin dernier, un partenariat économique avec Riyad avait été évoqué lors d’une rencontre entre Faure Gnassingbé et le Fonds public d’investissement d’Arabie saoudite. Les échanges avaient ciblé l’agriculture et l’agro-transformation, avec un accent particulier sur la dynamisation de la filière cotonnière togolaise. Le réseau ne se limite toutefois pas à ces deux partenaires.

Le Togo cherche également à renforcer ses liens avec le Brésil, notamment dans l’élevage et l’agro-négoce. Le 20 février, un protocole d’accord a ainsi été signé avec l’Institut brésilien Daniel Franco, spécialisé dans ces domaines. La Chine demeure par ailleurs un partenaire important, notamment à travers la fourniture de matériel agricole.


Quid de la suite ?


Pour l’heure, ces différentes initiatives traduisent surtout une volonté de Lomé de diversifier les sources de financement, d’équipements et de savoir-faire nécessaires à la transformation de son agriculture. Le passage des discussions aux investissements effectivement déployés reste toutefois à concrétiser pour plusieurs de ces partenariats. Le défi sera donc désormais de faire passer cette diplomatie économique à l’étape de l’investissement.

En parallèle de cette recherche de partenaires, Lomé active déjà ses propres leviers de financement. En juin 2025, la Banque mondiale a accordé un financement de 300 millions USD pour soutenir la mise en œuvre du ProMAT. Un an plus tard, en juin 2026, c’est au tour de l’Africa Finance Corporation (AFC) d’arranger 108,3 millions d’euros pour soutenir la sécurité alimentaire du pays, notamment à travers la modernisation de son appareil agricole.

Reste désormais à voir si cette combinaison de financements publics, de partenariats étatiques et de capitaux privés permettra au Togo de transformer son ambition en investissements réellement productifs.

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