La 3ème édition de l’Académie francophone de l’OCDE sur les enquêtes en matière de délinquance fiscale et financière s’est ouverte le 7 septembre 2026 à Lomé. Pendant cinq jours, experts, enquêteurs et magistrats se pencheront notamment sur les nouvelles formes de criminalité liées aux crypto-monnaies et à l’évolution de l’économie monétaire.
Cinq jours consacrés aux nouvelles formes de criminalité financière. Les travaux de la troisième édition de l’Académie francophone de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont officiellement démarré lundi 7 septembre 2026 à l’Institut de Formation Fiscale et Douanière (IFFD) de l’Office togolais des recettes (OTR), à Lomé. Durant cinq jours, les participants échangeront sur les mutations de l’économie monétaire et leurs implications pour les administrations fiscales et financières. Une attention particulière sera accordée aux crypto-monnaies, au blanchiment d’argent, aux techniques d’enquête et à la coopération internationale.
Adapter les enquêtes fiscales aux mutations de l’économie
L’évolution rapide des pratiques financières entraîne l’apparition de nouvelles méthodes de fraude et de criminalité financière. Face à ces mutations, les administrations fiscales sont appelées à renforcer leurs capacités afin de mieux identifier les mécanismes utilisés par les auteurs d’infractions. L’Académie vise ainsi à fournir aux enquêteurs fiscaux et aux autres acteurs concernés des outils adaptés pour détecter les délits, lutter contre les flux financiers illicites et améliorer la mobilisation des recettes publiques. Au-delà des connaissances techniques, la rencontre constitue un cadre d’échange d’expériences et de bonnes pratiques entre administrations fiscales, douanières et judiciaires. Les travaux doivent contribuer à une meilleure compréhension des nouveaux mécanismes financiers et à une sécurisation accrue des ressources publiques.
Une participation internationale
La rencontre réunit des enquêteurs, des magistrats et des fonctionnaires des administrations fiscales et douanières du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, du Congo, de la Côte d’Ivoire, de Djibouti, de Madagascar, du Mali et du Togo. Des experts venus du Burkina Faso, du Canada, de Belgique et de France prennent également part aux travaux, favorisant ainsi le partage de compétences et le renforcement de la coopération entre les différents pays représentés.
L’OTR confirme son engagement
En accueillant pour la troisième fois cette rencontre francophone de l’OCDE, l’OTR réaffirme son engagement en faveur de la transparence fiscale et du renforcement continu des compétences de ses cadres et de ceux des administrations partenaires.
Cette initiative intervient dans un contexte où la complexification des flux financiers et le développement des actifs numériques imposent aux administrations de disposer de compétences toujours plus spécialisées.
Un volet du Dialogue d’Oslo de l’OCDE
L’Académie s’inscrit dans le cadre du Dialogue d’Oslo de l’OCDE, une initiative destinée à accompagner les pays dans la lutte contre la délinquance fiscale et les autres délits à caractère financier.
Le Dialogue d’Oslo repose sur trois principaux piliers : l’élaboration de normes, le renforcement des capacités ainsi que l’évaluation et la mesure de l’impact. L’Académie contribue spécifiquement au deuxième pilier, consacré au renforcement des capacités en matière de répression des délits à caractère fiscal.
Académie à vocation mondiale
Inaugurée en 2013 à Ostie, en Italie, et hébergée par la Guardia di Finanza, l’Académie a pour ambition de renforcer les capacités des autorités répressives dans la lutte contre la délinquance fiscale et les autres formes de criminalité financière. Face à l’augmentation constante des demandes de participation et à l’intérêt politique croissant pour le renforcement des capacités, notamment au sein du G7 et du G20, l’OCDE et ses partenaires ont progressivement étendu le dispositif. Trois nouveaux centres régionaux ont ainsi été développés pour renforcer cette dynamique : un centre pour l’Afrique à Nairobi, au Kenya, un autre pour l’Amérique latine à Buenos Aires, en Argentine, et un troisième pour l’Asie-Pacifique à Tokyo, au Japon.