L’Alliance pour la qualité des produits en Afrique (AfPQ) a dressé, mardi 29 septembre 2026 à Lomé, le bilan de sa première phase de mise en œuvre au Togo. Lancé en mars 2024 avec l’appui de la coopération allemande et mis en œuvre par la GIZ, le projet vise à renforcer la qualité des produits africains afin de faciliter leur accès aux marchés régionaux et internationaux.
Après 30 mois d’intervention, l’heure est au bilan pour l’Alliance pour la qualité des produits en Afrique (AfPQ). A Lomé, les parties prenantes du projet se sont retrouvées autour d’un atelier consacré aux résultats de la première phase, aux défis rencontrés et aux perspectives de pérennisation des acquis.
A travers cette initiative, l’AfPQ entend faire de la qualité un levier de compétitivité pour les entreprises africaines, notamment les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME). L’objectif est de leur permettre de mieux répondre aux exigences des marchés régionaux et internationaux, avec à la clé davantage de possibilités d’exportation, le développement des chaînes de valeur et la création d’emplois.

Quatre axes d’intervention
Au Togo et au Bénin, l’AfPQ intervient autour de quatre principaux axes. Le premier concerne l’accompagnement des entreprises dans la mise en place et le renforcement de leurs systèmes de management de la qualité (SMQ) selon la norme ISO 9001.
Le deuxième porte sur l’appui à la certification et à la conformité des produits aux normes internationales privées nécessaires à l’exportation, notamment dans des domaines tels que l’agriculture biologique, GlobalG.A.P. ou encore Fairtrade.
Le projet agit également sur l’écosystème qualité, en soutenant l’amélioration des services proposés aux entreprises en matière de gestion de la qualité. Enfin, il œuvre à renforcer l’accès des TPME à l’information commerciale relative au commerce transfrontalier et intra-africain, ainsi qu’aux exigences de qualité liées à l’exportation.
Selon Deborah Di-Sokline Badombena-Wanta, responsable de l’antenne Afrique de l’Ouest de l’AfPQ, ces interventions ont été menées à la fois au niveau des entreprises et de l’écosystème. « En améliorant les processus et les systèmes de management de la qualité des entreprises, nous contribuons à réduire les écarts de conformité et, par l’accompagnement à la certification, à ouvrir et continuer d’ouvrir des débouchés commerciaux », a-t-elle souligné.

La qualité, un enjeu de compétitivité
Pour les autorités togolaises, l’enjeu dépasse la seule conformité des produits. Il s’agit également de renforcer la capacité des entreprises togolaises à se positionner durablement sur les marchés.
A l’ouverture de l’atelier, Adadé Séraphin Kouevi, directeur général de l’Agence togolaise de promotion de la qualité, a rappelé que la conformité constitue un facteur déterminant de compétitivité. « La qualité est la capacité de l’entreprise à produire mieux et à accéder aux marchés », a-t-il relevé, insistant sur la nécessité de consolider les acquis obtenus au cours de cette première phase.
Le responsable a également souligné que l’atelier ne devait pas être considéré comme une simple restitution de résultats. Il devait permettre, selon lui, d’identifier les bonnes pratiques, d’analyser les difficultés rencontrées sur le terrain et de définir les mécanismes nécessaires à la pérennisation des acquis.

Miser sur la pérennisation des acquis
Au-delà de la présentation des résultats, les travaux de Lomé ont accordé une place importante aux échanges entre les entreprises, les acteurs de l’infrastructure qualité, les structures d’accompagnement et les partenaires au développement.
Des discussions en groupes, organisées notamment sous le format « World Café », ont permis aux participants de partager leurs expériences, les leçons apprises et leurs recommandations. Une synthèse des contributions devait ensuite être discutée en séance plénière.
Pour l’AfPQ, cette approche doit permettre d’inscrire les acquis de la première phase dans la durée, notamment à travers le renforcement des capacités des acteurs, la structuration des mécanismes de coordination et la recherche de modèles économiques permettant de maintenir des services de qualité.
« Le projet a été court et intense », a estimé Deborah Di-Sokline Badombena-Wanta, appelant les partenaires et bénéficiaires à poursuivre les efforts engagés au-delà de la première phase.
Des entreprises mises à l’honneur
L’atelier sera également marqué par une remise symbolique d’attestations à des TPME accompagnées dans leur démarche de certification aux normes internationales pour l’exportation. Pour les organisateurs, ces entreprises illustrent la capacité du secteur privé togolais à améliorer ses standards de production et à répondre aux exigences des marchés.
Avec la clôture de cette première phase prévue au 30 septembre 2026, l’enjeu est désormais de transformer les acquis des 30 derniers mois en mécanismes durables, afin que la qualité puisse continuer à soutenir la compétitivité des entreprises togolaises et leur accès aux marchés régionaux et internationaux.
Hélène M.