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Léconomiste du Togo

UEMOA: Le FMI salue la résilience économique de l’Union


Réunis le 15 octobre 2026 à Bangkok, les responsables de l’UEMOA et du FMI ont salué la résilience économique de l’Union, marquée par une croissance soutenue, une inflation contenue et un renforcement des réserves de change. Les échanges ont également mis l’accent sur la maîtrise de la dette, la discipline budgétaire et la prévention des risques extérieurs.

Une résilience économique saluée par le FMI. L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) confirme sa capacité à résister aux turbulences de l’environnement international. C’est le principal constat dressé lors de la réunion de haut niveau entre les autorités nationales et régionales de l’Union et le Fonds monétaire international (FMI), tenue le 15 octobre 2026 au Queen Sirikit National Convention Center de Bangkok, en Thaïlande, en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Cette rencontre traditionnelle a été coprésidée par Aboubakar Nacanabo, président du Conseil des ministres statutaire de l’UEMOA, et Kenji Okamura, directeur général adjoint du FMI. Des membres du Conseil des ministres ainsi que les chefs des institutions communautaires ont également pris part aux échanges. Dans son allocution d’ouverture, Kenji Okamura a souligné l’importance de ce cadre de concertation pour examiner les priorités économiques de l’Union dans un contexte mondial incertain, marqué notamment par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient. Malgré ces turbulences, le responsable du FMI a salué les performances économiques de la région, estimant que « l’UEMOA a enregistré une croissance parmi les plus fortes au monde, une inflation contenue, des réserves confortables et une baisse de la dette publique ».


La dette et les chocs extérieurs au cœur des préoccupations


Au cours de la réunion, Zeine Zeidane, nouveau directeur du Département Afrique du FMI, et ses équipes ont présenté une analyse consacrée au maintien de la stabilité macroéconomique et à la préservation de la dynamique de croissance dans l’UEMOA. Le Fonds a notamment attiré l’attention sur les risques susceptibles de compromettre les performances de l’Union. Les tensions géopolitiques et leurs répercussions sur les marchés internationaux, en particulier les prix de l’énergie, constituent des facteurs d’incertitude pour les économies de la région. À ces risques s’ajoute un niveau d’endettement qui demeure élevé dans plusieurs pays et exerce des pressions sur le marché financier régional. La maîtrise de ces vulnérabilités apparaît dès lors essentielle pour préserver les capacités de financement des États et soutenir les investissements nécessaires au développement. Le FMI préconise ainsi des mesures rapides pour contenir les risques financiers et renforcer la préparation aux crises. Il recommande également une réponse adaptée aux chocs extérieurs et le maintien de la discipline budgétaire.


L’UEMOA sollicite un accompagnement accru du FMI


Prenant la parole, Aboubakar Nacanabo a salué la qualité du partenariat entre l’UEMOA et le FMI, qu’il considère comme un cadre de concertation précieux face aux mutations de l’économie mondiale et aux défis propres aux économies de la région. Le président du Conseil des ministres statutaire s’est également déclaré en phase avec l’analyse du Fonds, qui fait ressortir de bonnes performances de croissance dans l’ensemble des États membres en 2025 et 2026, malgré les chocs internes et internationaux. Il a toutefois insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre l’institution financière internationale et les pays de l’Union. À ce jour, cinq États membres de l’UEMOA disposent de programmes en cours avec le FMI. Pour les autres pays engagés dans des discussions avec le Fonds, Aboubakar Nacanabo a exprimé le souhait de voir les négociations aboutir à des cadres de coopération mutuellement bénéfiques, adaptés aux réalités nationales, aux orientations de politique économique et aux ambitions de développement de chaque État.


La Commission de l’UEMOA renforce le suivi budgétaire


Les chefs des institutions communautaires ont, pour leur part, présenté les initiatives engagées pour maintenir la stabilité macroéconomique et préserver la dynamique de croissance régionale. Le président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, a notamment mis en avant l’assistance apportée aux États membres dans leurs négociations avec les institutions de Bretton Woods, ainsi que le suivi des engagements pris dans le cadre des programmes soutenus par le FMI. Il a également souligné les efforts entrepris en matière de transparence et d’efficacité budgétaires, à travers l’évaluation des ajustements stock-flux (ASF), qui permettent notamment d’analyser les écarts entre l’évolution de la dette publique et celle du déficit budgétaire.


Les réserves de change atteignent 8,1 mois d’importations


De son côté, le gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, a présenté l’évolution de la politique monétaire, des conditions monétaires et financières ainsi que de la situation du secteur bancaire. Il a rappelé qu’en 2026, la Banque centrale a conduit sa politique monétaire dans un environnement marqué par de fortes incertitudes géopolitiques et économiques. Après une baisse de 25 points de base des taux directeurs en mars 2026, le Comité de politique monétaire a décidé de les maintenir inchangés lors de ses réunions de juin et de septembre. Cette orientation traduit la volonté de préserver la stabilité des prix tout en tenant compte des évolutions économiques et financières de la région. L’évolution de la position extérieure de l’Union constitue un autre indicateur favorable. Selon le gouverneur, les réserves de change sont passées de l’équivalent de 4,5 mois d’importations en 2024 à 8,1 mois à fin août 2026.

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