Engagé depuis 2021 dans la réforme du budget-programme, le Togo renforce les capacités de ses cadres publics pour améliorer l’efficacité de la gestion budgétaire. Avec l’appui du Fonds monétaire international et de l’Union européenne, de nouveaux ateliers visent à mieux utiliser le système d’information budgétaire et à renforcer la culture de la performance.
Le Togo poursuit progressivement sa transition vers une gestion publique orientée vers les résultats. Dans cette dynamique, plusieurs cadres de l’administration ont pris part, du 16 février au 5 mars 2026, à une série d’ateliers de formation consacrés à l’utilisation du système d’information budgétaire de l’État. Ces sessions de renforcement de capacités, organisées par le ministère de l’Économie et des finances avec l’appui technique du Fonds monétaire international, visaient à améliorer la maîtrise du SIGFiP, l’outil central de gestion et de suivi des dépenses publiques. Les formations ont rassemblé les directeurs des affaires financières, les directeurs de la planification, des statistiques et de l’évaluation ainsi que les responsables des programmes budgétaires des ministères sectoriels. Accompagnés par les experts de la cellule informatique du ministère des Finances et du budget, les participants ont été encadrés dans la saisie des activités budgétaires dans le système.
Trois thématiques majeures ont structuré les travaux : la saisie et le marquage des activités des projets pour l’exercice budgétaire 2026, la saisie des marchés publics et leur rattachement aux mandats antérieurs, ainsi que l’enregistrement des activités des programmes dans le système budgétaire. La présence, lors de la clôture de la formation, du directeur des études et analyses budgétaires Kokou Sovi et du directeur du budget Komi Bouaka illustre l’importance stratégique accordée à ce chantier de réforme. Selon Komi Bouaka, l’objectif de ces ateliers est de consolider les réformes engagées dans la gestion des finances publiques et d’améliorer l’efficacité de l’exécution budgétaire au sein des ministères et institutions publiques.
Vers une administration publique plus performante
La réforme consiste à orienter l’utilisation des ressources publiques vers des objectifs précis et mesurables. Contrairement aux approches traditionnelles centrées sur les moyens, le budget-programme privilégie désormais l’évaluation des politiques publiques à travers leurs impacts concrets. La transition vers cette culture de la performance devrait générer plusieurs bénéfices majeurs pour l’administration publique. Elle permet notamment une meilleure allocation des ressources, une plus grande transparence dans la gestion budgétaire et un renforcement de la redevabilité des institutions publiques. Elle contribue également à améliorer la confiance des citoyens dans l’action publique, en rendant plus visibles les résultats des dépenses publiques. Dans ce processus, l’accompagnement des partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds monétaire international et l’Union européenne, joue un rôle déterminant.
Réforme budgétaire engagée depuis plusieurs années
La réforme de la gestion des finances publiques au Togo s’inscrit dans un mouvement plus large d’harmonisation des pratiques budgétaires au sein de l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette organisation régionale a instauré un nouveau cadre budgétaire basé sur la gestion axée sur les résultats, que les États membres sont appelés à mettre progressivement en œuvre. Dans ce contexte, le Togo a franchi une étape importante en 2021 avec l’adoption du budget par objectifs de programmes et par la performance. Cette approche vise à améliorer l’efficacité de la dépense publique en reliant plus étroitement les ressources mobilisées aux résultats attendus. Pour accompagner cette transformation, le pays bénéficie notamment du « Projet de renforcement de la gestion des finances publiques », qui soutient la modernisation des outils de gestion et le renforcement des capacités des administrations.
Par la Rédaction