La Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a décidé de mettre en place un comité de veille pour anticiper les répercussions économiques et sociales de la guerre déclenchée le 28 février 2026 au Moyen-Orient.
La Commission de l’UEMOA a convoqué, le 3 mars 2026 à Ouagadougou, une réunion d’urgence consacrée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient. La rencontre, présidée par Abdoulaye Diop, président de la Commission, a rassemblé l’ensemble du collège des commissaires. Au centre des discussions : les impacts économiques et sociaux potentiels de l’escalade militaire déclenchée le 28 février 2026, ainsi que ses implications géopolitiques à l’échelle régionale et internationale. À l’issue des échanges, un Comité de veille et de suivi ad hoc a été mis en place pour assurer un suivi rapproché de l’évolution de la situation. Cette décision intervient alors que les premières secousses sont déjà perceptibles sur les marchés mondiaux, notamment en matière d’énergie et de transport maritime.
Pour les pays membres de l’Union, fortement dépendants des importations de produits pétroliers et exposés aux fluctuations des prix internationaux, l’enjeu est d’anticiper les effets d’un éventuel choc prolongé. La guerre a éclaté le samedi 28 février, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran. Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant des cibles en Israël ainsi que des bases américaines situées dans les monarchies du Golfe. Les autorités iraniennes ont confirmé la mort du guide suprême, Ali Khamenei, dans les frappes. Face à cette escalade, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a exprimé, dans un communiqué publié le 1er mars, sa « profonde préoccupation face à l’escalade des hostilités dans la région du Golfe ». L’organisation a averti que les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran risquent d’aggraver l’instabilité au Moyen-Orient et d’avoir de graves conséquences pour la paix et la sécurité internationales.
Des risques majeurs pour l’énergie et les chaînes d’approvisionnement
Pour l’UEMOA, l’enjeu dépasse le seul cadre diplomatique. Les huit États membres pourraient être confrontés à des effets en cascade sur les marchés de l’énergie, le commerce international et les chaînes d’approvisionnement alimentaire. La CEDEAO souligne déjà que ce conflit comporte de « graves conséquences pour les marchés mondiaux de l’énergie, le commerce et les chaînes d’approvisionnement alimentaire, en particulier pour l’Afrique et d’autres régions vulnérables ». Une flambée durable des prix du pétrole aurait un impact immédiat sur les finances publiques, les coûts du transport et l’inflation dans l’espace communautaire. Les économies de l’Union, engagées dans des programmes de consolidation budgétaire et de relance post-crises, pourraient voir leurs équilibres fragilisés. La hausse des coûts d’importation énergétiques se répercuterait sur les prix des denrées alimentaires et des biens de consommation, accentuant la pression sur le pouvoir d’achat des ménages. Au plan géopolitique, l’escalade au Moyen-Orient pourrait également perturber les flux commerciaux internationaux, notamment en cas de tensions prolongées dans les zones stratégiques de transit maritime.
Pour des économies dépendantes des importations de céréales, d’intrants agricoles et de produits énergétiques, la vulnérabilité est réelle. La mise en place d’un comité de veille traduit ainsi une approche proactive : analyser en continu les évolutions, formuler des recommandations rapides et coordonner les réponses au niveau communautaire afin d’atténuer les impacts éventuels.
Contexte international sous haute tension
La crise actuelle s’inscrit dans un contexte international déjà marqué par des tensions géopolitiques persistantes et des incertitudes économiques. Les États-Unis et Israël ont justifié leurs frappes par des impératifs de sécurité, tandis que l’Iran a promis une riposte proportionnée. L’embrasement rapide de la région fait craindre un élargissement du conflit. Dans son communiqué, la CEDEAO a appelé à « la retenue maximale » et exhorté les protagonistes à agir en conformité avec la Charte des Nations Unies et le droit international. L’organisation régionale a plaidé pour une solution diplomatique afin de réduire les tensions et restaurer la stabilité.
Pour l’UEMOA, l’objectif est de préserver la stabilité macroéconomique et sociale de l’Union face à un choc exogène potentiellement durable. En enclenchant dès les premiers jours un mécanisme de veille, la Commission entend démontrer sa capacité d’anticipation et de coordination. Alors que les marchés mondiaux réagissent déjà à l’escalade militaire, l’Afrique de l’Ouest se prépare à affronter les répercussions d’un conflit lointain mais aux effets globaux. Entre vigilance économique et appel à la diplomatie, l’UEMOA et la CEDEAO cherchent à protéger leurs économies tout en réaffirmant leur attachement à la paix et à la stabilité internationale.