La filiale togolaise du groupe bancaire Oragroup a annoncé la fermeture prochaine de quatre de ses antennes, situées à Assahoun, Mango, Kégué et sur le boulevard des Armées à Lomé. Ces agences cesseront officiellement leurs activités à compter du 28 février 2026.
Sur le plan économique, cette décision s’inscrit dans une dynamique de réorganisation du réseau physique, déjà observée au sein du groupe ces dernières années. En mars 2025, Orabank avait procédé à la fermeture de deux agences supplémentaires à Lomé et à Sotouboua, après une première vague intervenue en 2023. A l’époque, la direction évoquait un processus de restructuration destiné à améliorer l’efficacité opérationnelle.

Bien que la banque n’ait pas précisé les motivations exactes de cette nouvelle série de fermetures, plusieurs facteurs économiques peuvent être avancés. D’une part, le secteur bancaire togolais, à l’instar du reste de la sous-région, fait face à une transformation accélérée des usages, marquée par la montée en puissance des services numériques et du mobile banking. Cette évolution réduit progressivement la rentabilité de certaines agences physiques, notamment celles implantées dans des zones à faible volume d’activité.
D’autre part, la fermeture d’agences constitue un levier classique de maîtrise des charges d’exploitation. La réduction des coûts fixes (loyers, personnel, maintenance) permet aux établissements bancaires de préserver leurs marges dans un environnement de plus en plus concurrentiel. Cette stratégie semble d’autant plus cohérente qu’Oragroup affiche de solides performances financières : au premier semestre 2025, le groupe a enregistré un bénéfice record de 18,3 milliards FCFA.
Par ailleurs, ces ajustements interviennent dans un contexte toujours marqué par les spéculations autour de l’avenir du groupe. En 2022, Togo First rapportait que le processus de rachat d’Oragroup par le groupe burkinabé Vista Bank était en cours, ce qui laissait entrevoir d’éventuelles recompositions stratégiques. Même si aucune annonce officielle n’a été faite depuis, les observateurs n’excluent pas que les décisions actuelles s’inscrivent dans une logique de préparation à des changements structurels.

A l’approche de février 2026, ces fermetures suscitent ainsi des interrogations tant chez les clients que chez les acteurs économiques locaux, notamment sur l’accès aux services financiers dans les zones concernées. Elles illustrent, au-delà du cas Orabank, les mutations profondes à l’œuvre dans le modèle économique des banques en Afrique de l’Ouest, entre impératifs de rentabilité et adaptation aux nouveaux usages.