L’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques et Démographiques (INSEED) publie les Comptes nationaux trimestriels du troisième trimestre 2025. L’économie togolaise affiche une croissance de 6,3 % en glissement annuel, portée par la vigueur de l’industrie, de la construction et des services.
Au troisième trimestre 2025, l’activité économique nationale est demeurée solide. Selon les données officielles publiées par l’INSEED, le produit intérieur brut (PIB) réel a progressé de 6,3 % en glissement annuel, contre 6,5 % à la même période en 2024. Cette légère décélération ne remet pas en cause la tendance générale, qui traduit une consolidation du rythme de croissance. La performance globale repose sur la contribution des trois grands secteurs d’activité. Le secteur primaire enregistre une hausse de 4,0 %, le secondaire affiche une progression remarquable de 9,1 %, tandis que le tertiaire croît de 4,9 %.
Dans le secteur primaire, la croissance de 4,0 % s’explique principalement par la bonne tenue des activités agricoles, d’élevage et sylvicoles, dont la valeur ajoutée augmente de 4,7 %. Cette évolution témoigne d’une résilience de la production rurale, malgré les aléas climatiques et les fluctuations des marchés. Le secteur secondaire constitue le principal moteur de la croissance au troisième trimestre. Sa valeur ajoutée progresse de 9,1 % en variation annuelle. L’industrie extractive enregistre une hausse notable de 16,6 %, tandis que la construction bondit de 22,9 %, traduisant le dynamisme des chantiers publics et privés.
Les activités manufacturières présentent toutefois des performances contrastées. La fabrication du textile et de l’habillement affiche une croissance spectaculaire de 43,0 %. Les industries des boissons progressent de 10,8 %, tandis que la production de matériaux de construction connaît une envolée de 56,5 %. En revanche, la fabrication de produits chimiques recule de 22,8 %, et la production et distribution d’eau, assainissement, traitement des déchets et dépollution se contracte légèrement de 0,3 %.
Malgré ces disparités, l’ensemble du secteur secondaire contribue significativement à l’expansion économique. Le secteur tertiaire enregistre pour sa part une hausse de 4,9 % de sa valeur ajoutée réelle. Cette performance est tirée par le dynamisme des transports et entreposage (+18,6 %), de l’information et communication (+15,3 %) ainsi que des activités liées à la santé et à l’action sociale (+31,2 %). Le commerce progresse de 5,5 %, tandis que les activités culturelles, sportives et récréatives bondissent de 31,0 %. Toutefois, les activités financières et d’assurance (-17,6 %), l’administration publique (-9,7 %) et l’éducation (-4,1 %) enregistrent des replis, ce qui atténue la performance globale du secteur.
Croissance diversifiée
La progression de 6,3 % du PIB réel confirme la solidité de l’économie togolaise dans un environnement international marqué par l’incertitude. La diversification sectorielle apparaît comme un facteur clé de cette résilience. Le secteur secondaire, en particulier, joue un rôle structurant. La forte croissance de la construction et des industries extractives traduit l’importance des investissements dans les infrastructures et la valorisation des ressources naturelles. L’essor de certaines branches manufacturières, notamment le textile et les matériaux de construction, témoigne également d’une dynamique industrielle en cours.
Le secteur tertiaire continue d’accompagner cette expansion, porté par la modernisation des services, l’essor des télécommunications et le développement du transport et de la logistique. La progression remarquable des activités de santé et d’action sociale reflète aussi une demande accrue de services sociaux. Cependant, les contre-performances observées dans la finance, l’administration publique et l’éducation soulignent des fragilités structurelles. Le recul des activités financières pourrait peser sur le financement de l’économie, tandis que la contraction de l’éducation pose la question des investissements dans le capital humain.
Ainsi, si la croissance demeure robuste, elle présente des contrastes sectoriels qui appellent à une attention particulière en matière de politiques publiques.
Consolidation économique dans un environnement exigeant
La publication des Comptes nationaux trimestriels intervient dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques persistantes, des fluctuations des prix des matières premières et des conditions financières plus restrictives. Au plan national, le Togo poursuit ses efforts de transformation économique, notamment à travers le renforcement des infrastructures, la promotion de l’industrialisation et l’amélioration du climat des affaires. La dynamique observée au troisième trimestre 2025 s’inscrit dans cette trajectoire de consolidation.
Comparée à la croissance de 6,5 % enregistrée au troisième trimestre 2024, la performance actuelle traduit une relative stabilité du rythme d’expansion. Elle confirme la capacité de l’économie togolaise à maintenir une trajectoire ascendante malgré les contraintes externes. Les prochains trimestres permettront d’évaluer la durabilité de cette dynamique, notamment au regard de l’évolution des investissements, de la demande intérieure et des exportations.
Pour l’heure, les indicateurs publiés par l’INSEED témoignent d’une économie qui continue d’afficher une croissance soutenue, portée par des moteurs sectoriels diversifiés.
Par la Rédaction