Intervenant le 10 janvier 2026 lors de la 16e Assemblée de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), la Présidente du Parlement de la CEDEAO, Hadja Mémounatou Ibrahima, a plaidé pour une approche régionale renforcée afin de relever le défi de l’accès à l’électricité en Afrique de l’Ouest.
Face à un potentiel énergétique considérable encore sous-exploité, Hadja Mémounatou Ibrahima a appelé à des réformes coordonnées et à une volonté politique collective pour bâtir un marché régional de l’énergie plus intégré et plus résilient. Prenant la parole au Forum des Législateurs et des Régulateurs, en marge de la 16e Assemblée de l’IRENA, Hadja Mémounatou Ibrahima a dressé un constat sans détour : l’Afrique de l’Ouest dispose d’un potentiel exceptionnel en énergies renouvelables, mais près de 43 % de sa population demeure privée d’accès à l’électricité. Un paradoxe énergétique qui freine la transformation économique et sociale de la région. Pour la Présidente du Parlement de la CEDEAO, ce défi dépasse les capacités d’action d’un État pris isolément. « Aucun État ne peut relever seul ce défi », a-t-elle affirmé, soulignant la nécessité d’une intégration régionale plus poussée.
Dans cette perspective, elle a rappelé l’ambition de la CEDEAO de construire un marché régional de l’électricité crédible, attractif pour les investisseurs et capable de soutenir une croissance inclusive. Trois leviers prioritaires ont été mis en avant. Le premier concerne la synchronisation complète des réseaux électriques nationaux à travers le Pool Énergétique Ouest-Africain (WAPP), afin de faciliter les échanges transfrontaliers d’électricité et d’optimiser l’exploitation des capacités de production. Le deuxième porte sur l’harmonisation des règles, normes techniques et cadres réglementaires, condition essentielle pour réduire les coûts, sécuriser les investissements et accélérer le déploiement des projets.
Enfin, la Présidente du Parlement a rappelé l’adoption d’une Politique régionale des énergies renouvelables, qui fixe un objectif ambitieux : porter la part des énergies vertes à 48 % du mix énergétique régional d’ici 2030.
Le rôle des institutions et des cadres législatifs
Au-delà des infrastructures, Hadja Mémounatou Ibrahima a insisté sur le rôle central des institutions communautaires, en particulier celui du Parlement de la CEDEAO. Cette instance, a-t-elle souligné, ne se limite pas à l’adoption de textes : elle assure également le suivi des politiques énergétiques, l’évaluation de leurs performances et la prise en compte des préoccupations des communautés locales. Les défis restent néanmoins importants. Les déficits d’infrastructures, la lenteur du transfert de technologies, l’insuffisance de compétences locales et la forte vulnérabilité de la région aux effets du changement climatique constituent autant de freins à la transition énergétique.
Pour y répondre, la Présidente du Parlement a proposé plusieurs pistes concrètes, notamment la simplification et la clarification des cadres juridiques pour les investisseurs, le soutien à la mise en place de fonds régionaux de garantie afin de réduire les risques financiers, ainsi que le développement de programmes de formation dédiés aux compétences vertes. Selon elle, l’émergence d’un véritable marché régional des énergies renouvelables repose sur des « signaux de marché forts », lesquels ne peuvent naître que d’une volonté politique collective et cohérente entre les États membres.
Par la Rédaction