Léconomiste du Togo

L’intégralité de l’intervention de Edoh AMENOUNVE au West Africa Sustainable Finance and Investment Forum

« J’ai eu l’honneur de délivrer ce matin au nom de la BRVM un keynote speech, à l’occasion de la première journée de la deuxième édition du WASFIF, sur le thème : « La finance durable en Afrique, quels leviers pour l’accélération du développement de notre Continent ? ».

A l’entame de mon propos, j’ai souligné l’urgence d’intégrer les principes de durabilité dans les politiques économiques et financières de notre continent.

En effet, face à la montée des besoins de financement de l’Afrique, multipliés par quatre au cours des vingt-cinq dernières années (estimés à 1 637 Mds USD en 2025), et à la baisse de l’aide publique au développement (-4,8 % depuis 2020) ainsi que la faible mobilisation des IDE (moins de 2 % capté en moyenne depuis 20 ans), j’ai plaidé pour une mobilisation accrue des ressources issues de la finance durable afin de soutenir la transformation structurelle et la croissance inclusive du continent.

J’ai mis en lumière six piliers essentiels pour l’essor de la finance durable en Afrique à savoir : (i) le développement de la finance sociale, axée sur l’égalité du genre et la jeunesse, (ii) le renforcement de la finance inclusive pour un meilleur accès aux services financiers, (iii) la révision du cadre réglementaire pour susciter une meilleure intervention des investisseurs institutionnels, (iv) l’amélioration de la transparence et du reporting, (v) la création d’une catégorie d’investisseurs d’impact, et (vi) la mobilisation de l’épargne locale grâce à des produits innovants.



J’ai particulièrement insisté sur l’importance de développer l’Asset Management (la gestion d’actifs) en Afrique, de lui donner les moyens de collecter massivement l’épargne et de professionnaliser hautement ses activités pour en faire un grand pourvoyeur de ressources à long terme et de liquidité sur les marchés financiers africains. Les exemples sont légions en Amérique du Nord (BlackRock aux États-Unis avec 13 500 Mds USD d’actifs sous gestion, la CDPQ au Canada avec 354,72 Mds USD sous gestion, le LGIM en Angleterre avec 1 315,7 Mds USD sous gestion). Leur action dans le coté comme le non coté est déterminante dans la souveraineté économique.

J’ai partagé aussi avec les participants ma conviction selon laquelle la mise en œuvre de ces piliers contribuera significativement à bâtir « une Afrique pacifiée, inclusive, dotée d’infrastructures idoines et capable de financer elle-même sa croissance à l’horizon 2050 ».

Pour cela, la finance durable doit s’appuyer sur les innovations de la finance digitale dont les évolutions sont impressionnantes : une capitalisation de 2 144 Mds USD de Bitcoin, 311 Mds USD de Stablecoins, 3 740 Mds USD de crypo-monnaies et une avancée significative de la monnaie digitale dans son ensemble (monnaie électronique, monnaie numérique, monnaie virtuelle) en circulation.»

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