À la COP30 à Belém, la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) a réaffirmé son ambition de transformer durablement la filière cacao en Afrique de l’Ouest. En partenariat avec des institutions clés du secteur agricole, l’institution veut faire de cette culture stratégique un moteur de résilience climatique, de croissance rurale et de transition écologique pour les communautés et les territoires.
Moubarak Moukaila, Directeur du Financement du Développement Durable à la BOAD
Lors d’un panel organisé au Pavillon Afrique, la BOAD a exposé les grandes lignes de son engagement en faveur d’une filière cacao plus durable. Aux côtés du Conseil du Café et Cacao, du PNUD, de GGGI Africa, du Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricoles (FIRCA) ainsi que du CIFOR-ICRAF, Moubarak Moukaila, Directeur du Financement du Développement Durable, a rappelé l’importance stratégique de la culture cacaoyère pour les économies ouest-africaines et pour la transition climatique. Cette intervention s’inscrit dans la mise en œuvre du Plan Djoliba, la feuille de route de la BOAD qui place au centre de ses priorités l’agriculture durable, l’adaptation climatique et la sécurité alimentaire. L’objectif est clair : moderniser et verdir la filière tout en soutenant les millions de producteurs qui en dépendent. Pour atteindre ces ambitions, la BOAD a présenté trois axes majeurs d’intervention : Intégrer les avancées scientifiques et agronomiques, notamment les variétés résilientes, l’agroforesterie et les innovations issues de la recherche. Financer des systèmes bas-carbone afin de lutter contre la déforestation et structurer de véritables mécanismes carbone agricoles. Déployer des financements rapides, flexibles et accessibles, mieux adaptés aux réalités des producteurs et des coopératives. À travers ses Programmes d’Investissement Climat, la BOAD veut mobiliser les instruments financiers, les partenariats internationaux et les solutions techniques nécessaires pour transformer la filière.
Un cacao durable, champion du climat et pilier économique régional
Le positionnement de la BOAD à la COP30 révèle une conviction forte : le cacao peut devenir l’un des champions africains de l’Accord de Paris. Dans une région où cette culture représente une source majeure de revenus pour les ménages ruraux, une transition vers des pratiques durables peut générer un impact économique et environnemental considérable. En replaçant le producteur au centre des mécanismes de financement et d’innovation, la BOAD ambitionne d’assurer une double transformation : une transformation climatique, par l’adoption de systèmes agroforestiers, la réduction des émissions de CO₂ et la restauration des sols ; une transformation socio-économique, grâce à des revenus plus stables, une productivité renforcée et une meilleure résilience des communautés rurales. Cette dynamique s’appuie sur un écosystème d’acteurs — institutions publiques, bailleurs internationaux, organisations productrices et instituts de recherche — dont la convergence à Belém témoigne de l’urgence et de la portée stratégique du sujet. Ainsi, le cacao n’est plus seulement une culture de rente : il devient un vecteur de durabilité, d’innovation et de prospérité territoriale. L’Afrique de l’Ouest demeure le premier bassin mondial de production de cacao, avec des millions de producteurs et une chaîne de valeur qui influence fortement les économies nationales. Face à ces enjeux, la BOAD structure depuis plusieurs années une stratégie globale pour appuyer la transition écologique du secteur agricole.