Huit jours après l’Assemblée nationale, le Sénat togolais a adopté à l’unanimité deux lois majeures sur la microfinance et le faux monnayage. Ces textes visent à renforcer la stabilité financière, protéger l’épargne et lutter contre la criminalité économique.
Double vote pour le système financier. Réunis en séance plénière le jeudi 19 mars 2026, les sénateurs togolais ont examiné et adopté à l’unanimité deux textes majeurs relatifs à la microfinance et à la répression du faux monnayage. Ces lois, déjà validées par l’Assemblée nationale, marquent une étape importante dans la consolidation du cadre juridique du système financier.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, en sa qualité de commissaire du gouvernement, a défendu les projets de loi avec pédagogie, obtenant l’adhésion des parlementaires après des échanges jugés constructifs. Le texte sur la microfinance vise à encadrer davantage un secteur clé pour l’inclusion financière. « La microfinance est un vecteur puissant d’inclusion », a souligné le ministre, rappelant son rôle dans l’accès des populations, notamment les femmes et les jeunes, aux services financiers de base.
Désormais, les institutions de microfinance devront renforcer leurs dispositifs de contrôle interne, adhérer aux centrales d’information sur le crédit et collaborer avec les autorités pour prévenir les flux financiers illicites. S’agissant du faux monnayage, le gouvernement entend renforcer la lutte contre un phénomène devenu transnational et technologiquement sophistiqué. Le ministre a insisté sur la nécessité d’un cadre juridique harmonisé pour mieux contrer cette menace qui fragilise la confiance dans la monnaie.
Vers un système financier plus sécurisé et inclusif
L’adoption de ces deux lois traduit une volonté claire des autorités togolaises de renforcer la gouvernance financière. En combinant régulation de la microfinance, lutte contre le faux monnayage et dispositifs contre le blanchiment de capitaux, le gouvernement met en place un arsenal juridique cohérent et complémentaire. Cette réforme répond à plusieurs enjeux. D’une part, elle vise à sécuriser l’épargne des populations face aux risques de fraude et de mauvaise gestion. D’autre part, elle ambitionne de renforcer la crédibilité du système financier national, condition essentielle pour attirer les investissements. Toutefois, des défis subsistent.
Les préoccupations soulevées par les sénateurs, notamment sur les taux d’intérêt pratiqués par certaines institutions de microfinance ou sur le renforcement des capacités de supervision, illustrent la nécessité d’un suivi rigoureux de la mise en œuvre de ces réformes. Pour le gouvernement, l’objectif est clair : faire de la microfinance non seulement un outil d’inclusion, mais aussi un instrument de stabilité économique et de lutte contre les dérives financières.