Quelques mois après sa ratification par le Togo, la Déclaration de Nairobi pour le développement coopératif franchit une nouvelle étape majeure avec la mise à disposition de ses indicateurs de suivi. Véritable outil d’évaluation et de pilotage, ce dispositif permettra aux États africains de mesurer leurs progrès, d’identifier les défis persistants et de rendre compte des actions engagées pour renforcer le mouvement coopératif sur le continent.
Des priorités clairement définies
Les indicateurs couvrent plusieurs domaines stratégiques, à commencer par le renforcement des environnements favorables aux coopératives. Les États sont notamment invités à harmoniser leurs législations avec la loi modèle de l’Union africaine, à actualiser leurs politiques nationales et à renforcer les mécanismes de régulation et de contrôle.
L’inclusion constitue également un axe central. Les pays devront promouvoir l’adhésion des jeunes, soutenir l’entrepreneuriat féminin et favoriser l’intégration des groupes marginalisés au sein des structures coopératives.
Les coopératives au cœur de la ZLECAf
La Déclaration met un accent particulier sur la compétitivité des coopératives et leur participation à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Les indicateurs visent à suivre les efforts déployés pour faciliter l’accès aux marchés locaux, renforcer l’intégration régionale dans les corridors commerciaux et favoriser l’ouverture vers les marchés internationaux.
Une volonté politique à traduire en actes
Le cadre de suivi évalue également l’engagement des gouvernements à travers des actions politiques de haut niveau, l’allocation de ressources budgétaires spécifiques et l’adoption de mesures ministérielles concrètes en faveur du secteur coopératif.
Formation, recherche et transformation numérique
L’éducation et le développement des compétences figurent parmi les priorités. Les États sont encouragés à renforcer les programmes de formation coopérative dans les universités et les centres d’enseignement technique et professionnel, à soutenir la recherche sectorielle et à accélérer la numérisation des services coopératifs.
Renforcer la coopération régionale
La mise en œuvre de la Déclaration repose également sur l’animation du Comité technique de la Conférence ministérielle africaine sur les coopératives (TCAMCCO). Chaque pays devra désigner un point focal national, participer aux groupes de travail régionaux et transmettre régulièrement les données nécessaires au suivi des engagements.
Répondre aux défis climatiques et sociaux
Les indicateurs prennent en compte la contribution des coopératives à l’adaptation au changement climatique, à la lutte contre l’insécurité alimentaire et à la réduction des inégalités sociales. Ils encouragent aussi le développement de partenariats avec les organisations économiques régionales et les bailleurs de fonds.
Une attention particulière est accordée au Fonds fiduciaire africain des coopératives, conçu comme un mécanisme continental de financement autonome destiné à soutenir le développement des coopératives, leur intégration dans la ZLECAf et leur contribution à la résilience climatique et à l’inclusion sociale.
Améliorer l’accès aux services essentiels
Enfin, le dispositif de suivi vise à promouvoir les coopératives d’habitation, les coopératives de santé, les structures d’épargne et de crédit ainsi que les assurances coopératives afin de faciliter l’accès des populations aux services essentiels.
Bien plus qu’un simple mécanisme de contrôle, ces indicateurs constituent une véritable feuille de route pour la transformation du secteur coopératif africain. Leur mise en œuvre permettra de valoriser les bonnes pratiques, de renforcer la performance des organisations coopératives et de faire des coopératives des acteurs incontournables du développement économique, de l’inclusion sociale et de la résilience climatique sur le continent.