Le Conseil des ministres a adopté le 8 juillet un projet de loi portant création d’une Caisse des dépôts et consignations (CDC), futur outil public destiné à transformer l’épargne nationale en investissements de long terme.
La future institution agira comme tiers de confiance, collectant et conservant des fonds publics et privés, recevant les consignations administratives et judiciaires ainsi que les cautionnements, avant d’orienter ces ressources vers le financement de projets structurants. Une réforme justifiée par le gouvernement par la raréfaction des financements extérieurs et les tensions croissantes sur les marchés de capitaux internationaux.
« Nous poursuivons avec détermination les réformes engagées », a déclaré le président du Conseil Faure Gnassingbé à l’issue du Conseil, réaffirmant sa volonté de renforcer l’attractivité de l’économie togolaise.
En créant sa CDC, le Togo rejoint un mouvement continental en marche. Il s’inspire d’un modèle éprouvé, dont le Maroc constitue le champion africain avec une Caisse de dépôt et de gestion affichant un bilan d’environ 40 milliards de dollars.
Dans l’espace ouest-africain, le Bénin fait figure de référence : sa CDC, créée en 2018, a vu son bilan franchir les 1 000 milliards de francs CFA en 2024. La Côte d’Ivoire, opérationnelle depuis 2019, et le Cameroun, actif depuis 2023, complètent ce tableau régional. Pour les observateurs, l’efficacité de la future institution togolaise dépendra d’un enjeu central que le texte n’aborde pas encore : son indépendance vis-à-vis du Trésor public.
Le risque d’en faire un financeur captif de l’État, plutôt qu’un véritable investisseur de long terme, constitue le principal défi de tous les modèles africains. Le projet de loi doit désormais être examiné par l’Assemblée nationale avant que la CDC puisse voir officiellement le jour.
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