Léconomiste du Togo

«Moins de taxes sur chaque billet, davantage de passagers, plus de liaisons aériennes … »

À l’occasion de la Convention et Exposition Africaines du Transport Aérien qui se déroule à Lomé du 15 au 19 juin , la directrice de cabinet des finances et du budget, Mme Akou Mawusse Adétou Afidenyigba a plaidé pour une réforme de la fiscalité du transport aérien en Afrique. Représentant son ministre, elle a estimé que la réduction du coût des billets d’avion constitue un investissement stratégique susceptible de stimuler la connectivité, le commerce et la croissance économique sur le continent.

Au cours du Panel 03 consacré à l’accessibilité financière du transport aérien, Mme Akou Mawusse Adétou Afidenyigba, représentant le ministre de l’Économie et des Finances, a porté la position du Togo sur l’un des principaux défis de l’aviation africaine : le coût élevé des billets d’avion.

D’entrée de jeu, elle a salué les participants et rendu hommage au Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, qu’elle a qualifié de « Champion du MUTAA », avant d’aborder la question centrale des tarifs aériens sur le continent.

Des billets africains parmi les plus chers au monde

Selon elle, les coûts des voyages intra-africains demeurent excessivement élevés.« Voyager entre deux villes africaines coûte souvent plus cher que voyager entre l’Afrique et l’Europe ou encore vers le Moyen-Orient », a-t-elle souligné.

Elle a rappelé que plusieurs études attribuent cette situation au poids important des taxes, redevances et charges aéroportuaires dans le prix final du billet.

Trouver un équilibre entre recettes publiques et croissance économique

Pour la représentante du gouvernement togolais, le débat ne doit pas opposer les recettes fiscales à la réduction des coûts du transport aérien.

« L’enjeu n’est pas d’opposer les recettes publiques à la baisse des coûts. L’enjeu est de trouver un meilleur équilibre », a-t-elle affirmé.

Si les taxes et redevances constituent des ressources importantes pour les États et les opérateurs du secteur, leur impact sur l’économie dans son ensemble doit également être pris en compte.

Une fiscalité excessive peut, selon elle, réduire la demande, freiner le trafic aérien, limiter les investissements et affaiblir les compagnies aériennes, avec pour conséquence une baisse des retombées économiques attendues.

Réduire les coûts pour stimuler la connectivité

Mme Afidenyigba estime ainsi que la baisse du coût du transport aérien doit être perçue comme un levier de développement. « Réduire les coûts du transport aérien, c’est investir dans la connectivité, la mobilité des personnes et la croissance économique », a-t-elle expliqué.

L’objectif est de créer un marché plus accessible et plus dynamique, capable de générer davantage de passagers, de vols et d’opportunités économiques.

Maintenir la sécurité tout en améliorant l’efficacité

La représentante du ministre a toutefois tenu à préciser que la réduction des coûts ne doit en aucun cas compromettre le financement des infrastructures aéroportuaires ni les exigences de sécurité et de sûreté.

Selon elle, les redevances doivent être transparentes, justifiées et proportionnées aux services rendus. Elles ne doivent pas devenir un frein au développement du trafic aérien ou un substitut excessif à d’autres sources de revenus publics.

Vers un nouveau modèle économique du transport aérien

Pour le Togo, il est temps de passer d’une logique centrée sur la maximisation des recettes par billet à une approche fondée sur l’augmentation du volume de passagers et la création de valeur autour des activités aéroportuaires.

Cette évolution permettrait à la fois de réduire la pression fiscale sur les voyageurs et de préserver les capacités d’investissement du secteur.

Une vision en phase avec le SAATM

À travers cette intervention, le Togo réaffirme son engagement en faveur d’un transport aérien africain plus accessible et plus compétitif.

Pour Mme Akou Mawusse Adétou Afidenyba, la solution réside dans une approche gagnant-gagnant : moins de taxes sur chaque billet, davantage de passagers, plus de liaisons aériennes et, au final, davantage de retombées économiques pour les États.

Une vision qui s’inscrit pleinement dans l’esprit du Marché unique du transport aérien africain (SAATM), au cœur des discussions de la Convention de la CAFAC à Lomé, visant à bâtir un ciel africain plus connecté, plus accessible et plus prospère.

soucre: financesgouv.tg

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