L’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) constitue une importante source d’emplois et de revenus pour des milliers de ménages au Togo. Selon l’inventaire national réalisé en 2021, le secteur mobilise 9 825 travailleurs, dont 85 % de nationalité togolaise et près de 48 % de femmes.
Malgré son importance socio-économique, le secteur reste confronté à plusieurs défis, notamment un niveau élevé d’informalité, des risques sécuritaires et environnementaux, ainsi que des difficultés liées à la traçabilité de la production. Dans ce contexte, la formalisation de l’EMAPE apparaît comme une priorité stratégique pour les pouvoirs publics.
La coopérative, un outil de structuration
La création de coopératives ne constitue pas une finalité en soi. Elle représente plutôt un levier essentiel pour mieux encadrer, organiser et professionnaliser les exploitants artisanaux.
En se regroupant au sein de structures organisées, les artisans miniers peuvent notamment :
- faciliter l’obtention des autorisations et l’accomplissement des démarches administratives ;
- améliorer leur accès aux financements, aux équipements modernes et aux formations techniques ;
- renforcer la sécurité sur les sites d’exploitation et promouvoir de meilleures pratiques environnementales ;
- optimiser la commercialisation des produits et assurer une meilleure traçabilité de la production.
Cette dynamique de structuration est activement soutenue par la Direction générale des mines et de la géologie (DGMG), l’Agence nationale de gestion de l’environnement (ANGE), les collectivités territoriales ainsi que le Projet de développement et de gouvernance minière (PDGM).
Un cadre juridique adapté aux réalités du secteur
Afin de mieux prendre en compte les spécificités de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, le législateur togolais a prévu un régime juridique et fiscal adapté aux réalités du secteur.
Ces dispositions concernent notamment l’octroi de titres miniers spécifiques, des modalités particulières de participation de l’État ainsi que des règles adaptées à la perception de certaines redevances minières.
L’objectif est de créer un environnement plus favorable à l’exercice légal et responsable des activités minières artisanales, tout en renforçant le contrôle et la gouvernance du secteur.
Des retombées pour les exploitants et les collectivités
La formalisation de l’EMAPE peut générer des bénéfices importants pour l’ensemble des parties prenantes.
Pour les exploitants, elle offre une meilleure sécurité juridique, contribue à réduire les conflits, notamment fonciers, et favorise l’amélioration des conditions de vie et de travail.
Pour l’État et les collectivités territoriales, elle peut permettre d’accroître les recettes publiques, de mieux protéger les écosystèmes et de renforcer les retombées de l’activité minière sur le développement local.
Renforcer la gouvernance des flux miniers
Si le Togo enregistre des volumes d’extraction artisanale relativement modestes comparativement à certains pays de la sous-région, il reste confronté à des problématiques communes, notamment la mobilité des exploitants et la circulation transfrontalière de l’or.
Dans ce contexte, la formalisation du secteur constitue également un moyen d’assainir les flux miniers, d’améliorer la traçabilité des produits et de renforcer la crédibilité du Togo dans les initiatives régionales et internationales en faveur d’une meilleure gouvernance des ressources minières.
La structuration et la formalisation de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle apparaissent ainsi comme des conditions essentielles pour transformer ce secteur en un véritable moteur de création d’emplois, de développement local et de croissance durable.