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Léconomiste du Togo

Banque mondiale: Un volume record de capitaux privés en faveur des pays as en développement


Le Groupe de la Banque mondiale franchit un nouveau cap dans sa stratégie de mobilisation des investissements privés. Au cours de l’exercice 2026, l’institution a mobilisé 112 milliards de dollars de capitaux privés en faveur des économies en développement, contre 35 milliards de dollars quatre ans plus tôt. Cecei, selon un communiqué rendu public par la banque mondiale le 17 septembre 2026. En Afrique, les capitaux privés mobilisés atteignent 22 milliards de dollars.

Le Groupe de la Banque mondiale veut désormais faire davantage jouer au capital privé un rôle dans le financement du développement. Au cours de son exercice 2026, l’institution a mobilisé 112 milliards de dollars de capitaux privés, soit plus de trois fois le niveau enregistré en 2022, lorsqu’il s’établissait à 35 milliards de dollars. En intégrant les engagements réalisés sur les ressources propres du Groupe, le volume total des financements et ressources mobilisés dans les économies en développement dépasse 200 milliards de dollars sur l’exercice 2026. Cette évolution traduit une réorientation progressive du financement du développement, avec davantage d’efforts consacrés à la réduction des risques susceptibles de freiner les investisseurs privés.


L’Afrique gagne du terrain


La dynamique est particulièrement visible sur le continent africain. La mobilisation de capitaux privés y est passée d’environ 9 milliards de dollars à 22 milliards de dollars, soit une progression proche de 150 % en quatre ans. Cette progression intervient alors que le financement des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture, de la santé et des activités productives constitue l’un des principaux enjeux du développement africain. En mai 2026, le Groupe de la Banque mondiale a annoncé son intention de plus que doubler ses émissions annuelles de garanties en Afrique pour atteindre 6,4 milliards de dollars d’ici 2030. Selon l’institution, ces garanties pourraient contribuer à mobiliser 23 milliards de dollars supplémentaires de capitaux privés sur le continent au cours des quatre prochaines années. Les garanties sont notamment destinées à des secteurs à fort potentiel d’investissement et d’emploi, comme l’agro-industrie, l’énergie, les infrastructures, la santé, le numérique, la finance et le commerce.


Le mécanisme des garanties


Pour attirer des investisseurs vers des marchés considérés comme plus risqués, le Groupe de la Banque mondiale mise notamment sur les garanties. Celles-ci permettent de réduire certains risques liés aux investissements et peuvent ainsi faciliter l’accès des projets au financement commercial. L’institution a émis plus de 25 milliards de dollars de garanties au cours de l’exercice 2026, dépassant ainsi quatre ans avant l’échéance son objectif de porter ses émissions annuelles à 20 milliards de dollars à l’horizon 2030. Cette montée en puissance s’appuie notamment sur la Plateforme des garanties du Groupe de la Banque mondiale, créée en 2024 et hébergée par la MIGA. Elle regroupe les produits et expertises en matière de garanties du Groupe afin de simplifier l’accès des gouvernements, entreprises et investisseurs à ces instruments.


Le Togo dans le radar des investissements garantis


Cette stratégie n’est pas sans lien avec le Togo. En avril 2026, la MIGA a annoncé un portefeuille de garanties pouvant couvrir jusqu’à 23 projets d’énergies renouvelables et de stockage d’électricité dans plusieurs pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie centrale. Le Togo figure parmi les pays concernés par la première phase de ce portefeuille, aux côtés notamment de la Côte d’Ivoire, de Djibouti, de l’Égypte, de l’Afrique du Sud, de l’Ouganda et de l’Ouzbékistan. Le portefeuille doit soutenir des investissements dans la production d’énergie renouvelable et le stockage. Selon la MIGA, les projets concernés pourraient représenter environ 2 766 MW de capacité de production et 2 729 MWh de stockage dans les pays de la première phase.


Le défi de l’emploi


Derrière cette stratégie se trouve un enjeu majeur : l’emploi. Le Groupe de la Banque mondiale estime que 1,2 milliard de jeunes atteindront l’âge de travailler dans les économies en développement au cours des 10 à 15 prochaines années, alors qu’environ 420 millions d’emplois devraient être créés sur la même période. L’institution considère ainsi le secteur privé comme un acteur central de la création d’emplois. Sa stratégie repose sur trois leviers : investir dans les infrastructures humaines et physiques, améliorer l’environnement réglementaire et permettre aux entreprises privées de changer d’échelle. Cinq secteurs sont particulièrement ciblés à savoir les infrastructures et l’énergie, l’agro-industrie, la santé, le tourisme et l’industrie manufacturière à valeur ajoutée.


Vers davantage de capitaux privés africains


Le Groupe de la Banque mondiale cherche également à élargir le cercle des investisseurs. L’objectif est notamment de permettre aux investisseurs institutionnels de participer davantage au financement des économies émergentes grâce à des mécanismes de regroupement et de cession de crédits. Cette approche vise à faire entrer davantage de capitaux de long terme dans des projets situés dans les pays en développement. L’enjeu ne consiste donc plus seulement à augmenter les financements apportés directement par les institutions de développement. Il s’agit également de créer les conditions permettant à ces financements de servir de levier pour attirer d’autres ressources. « 112 milliards de dollars mobilisés cette année, soit plus de trois fois notre niveau de départ », a déclaré le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, qui estime que le défi consiste désormais à lever davantage d’obstacles à l’investissement et à orienter plus de capitaux vers les économies en développement.

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