Au Symposium mondial du nucléaire à Londres, le Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé a défendu une approche africaine du nucléaire axée sur la préparation, le financement et les partenariats. Il a également annoncé l’organisation du NEISA 2027 à Lomé et l’adhésion du Togo à l’engagement mondial de triplement des capacités nucléaires d’ici 2050.
Du regain mondial du nucléaire à l’ambition africaine. Alors que l’énergie nucléaire revient au premier plan des stratégies énergétiques mondiales, le Togo entend prendre une place active dans la réflexion sur l’avenir nucléaire du continent africain. Invité d’honneur de la 51ᵉ édition du Symposium mondial du nucléaire, à Londres, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a appelé à dépasser le stade des annonces pour privilégier la préparation, les partenariats et la mobilisation des financements.
Placée sous le thème « De l’ambition à l’action », cette édition a offert au dirigeant togolais l’occasion de souligner le regain d’intérêt international pour l’énergie nucléaire. Celle-ci apparaît, pour de nombreux pays, notamment en Afrique, comme un levier potentiel de sécurité énergétique, de transition climatique et de développement économique. Mais pour Faure Gnassingbé, l’ambition ne saurait suffire. « Le monde doit construire, financer, réglementer et concrétiser », a-t-il souligné, appelant ainsi à transformer les objectifs affichés en réalisations opérationnelles.
Réponse aux besoins énergétiques du continent
L’Afrique est confrontée à des besoins croissants en énergie, dans un contexte marqué par l’industrialisation, le développement des infrastructures, la transformation numérique et l’amélioration des systèmes de santé. Pour le Président du Conseil, ces ambitions nécessitent une énergie « fiable et disponible en quantité croissante ». Les technologies nucléaires, notamment les petits réacteurs modulaires et les microréacteurs, pourraient ainsi constituer des pistes adaptées à certains besoins du continent. L’approche défendue par le Togo repose toutefois sur un partenariat équilibré. « L’Afrique ne demande pas simplement une technologie. Elle demande un véritable partenariat », a déclaré Faure Gnassingbé, estimant que le continent représente à la fois un marché et un espace appelé à définir sa propre trajectoire énergétique. Cette perspective suppose néanmoins la mise en place d’un environnement institutionnel, réglementaire, financier et humain suffisamment solide pour accompagner le développement responsable du nucléaire.
Le Togo consolide son cadre national
Le Togo entend donner une traduction concrète à cette ambition à travers sa propre politique nationale. Membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) depuis 2012, le pays a progressivement renforcé son dispositif institutionnel et réglementaire. Le Président du Conseil a notamment rappelé la création, en janvier 2025, du Commissariat à l’énergie atomique, ainsi que la signature d’un nouveau cadre de coopération avec l’AIEA. Lomé évalue parallèlement les technologies susceptibles de répondre à ses besoins énergétiques futurs et examine les partenariats ainsi que les mécanismes de financement nécessaires à leur éventuel déploiement. « Un développement nucléaire responsable commence bien avant la construction du premier réacteur », a insisté Faure Gnassingbé, faisant de la préparation institutionnelle, technique et humaine un préalable essentiel.
Le financement, principal défi du nucléaire africain
Au-delà de la technologie, la question financière demeure l’un des principaux obstacles au développement de projets nucléaires en Afrique. Ces infrastructures nécessitent en effet des investissements considérables, avec des cycles de développement et de rentabilisation particulièrement longs. Elles exigent donc des mécanismes capables de gérer les risques et d’accompagner les projets sur plusieurs décennies. À Londres, le Président du Conseil a estimé que l’évolution de l’environnement financier international pouvait ouvrir de nouvelles perspectives. L’enjeu est désormais de transformer les réflexions internationales en mécanismes opérationnels de financement permettant aux pays africains d’accéder aux ressources nécessaires.
NEISA, du dialogue à l’action
Cette problématique rejoint les travaux du Nuclear Energy Innovation Summit for Africa (NEISA), dont la deuxième édition s’est tenue à Kigali, au Rwanda, en 2026. Pour le Togo, cette plateforme constitue un cadre important pour faire évoluer le débat nucléaire africain vers des questions concrètes : préparation institutionnelle, financement, formation, développement des capacités industrielles, réglementation et conditions de déploiement. L’objectif est ainsi de faire du dialogue nucléaire africain un espace davantage orienté vers la mise en œuvre de projets, la mobilisation des investissements et la construction de partenariats durables.
Lomé accueillera NEISA 2027
Dans cette dynamique, Faure Essozimna Gnassingbé a annoncé que Lomé accueillera la troisième édition du NEISA, du 1er au 3 juin 2027. Pour le Président du Conseil, le passage de Kigali à Lomé dépasse la simple alternance entre deux villes. Il doit symboliser la continuité et l’élargissement de la coopération autour de l’avenir énergétique du continent. Le rendez-vous de 2027 ambitionne ainsi de contribuer à faire de la renaissance nucléaire mondiale une opportunité pour l’Afrique, notamment dans les domaines de l’industrialisation, de l’innovation, des infrastructures et du développement des compétences.
Le Togo rejoint l’engagement mondial pour le nucléaire
L’intervention du Président du Conseil à Londres a également été marquée par une annonce à portée internationale : l’adhésion du Togo à la Déclaration visant à tripler la capacité nucléaire mondiale d’ici 2050, lancée lors de la COP28. À travers cette décision, Lomé entend prendre part aux efforts internationaux destinés à accroître la contribution du nucléaire à la sécurité énergétique et à la lutte contre le changement climatique. Cette adhésion s’inscrit parallèlement dans l’engagement du pays en faveur d’une utilisation sûre, sécurisée, pacifique et responsable des technologies nucléaires.
Faire du nucléaire un levier de développement
À Londres, Faure Gnassingbé a finalement défendu une vision dans laquelle le nucléaire n’est pas une fin en soi, mais un instrument susceptible de soutenir les ambitions de développement de l’Afrique. La priorité consiste désormais à faire en sorte que le regain d’intérêt mondial pour cette source d’énergie puisse aussi profiter au continent, en accompagnant son industrialisation, son innovation, le développement de ses infrastructures et le renforcement de ses capacités humaines et technologiques. Avec l’organisation du NEISA 2027 à Lomé, le Togo entend contribuer à cette nouvelle étape. Le rendez-vous de juin prochain devra notamment permettre de rapprocher davantage les ambitions africaines des réalités opérationnelles, en mettant l’accent sur l’action, l’investissement et les partenariats.
Des échanges déjà tournés vers les opportunités
En marge des travaux du Symposium mondial du nucléaire, les participants ont également pris part à des expositions consacrées aux produits, services et initiatives des différents acteurs du secteur. Des rencontres B2B ont par ailleurs rythmé les activités, offrant aux participants un espace pour développer des contacts, nouer des partenariats et explorer de nouvelles opportunités de collaboration dans un secteur nucléaire mondial en pleine recomposition.