Le Projet d’Appui à la Gouvernance et au Développement du Secteur Privé (PAGDSP) a officiellement lancé, le 5 octobre 2026 à Lomé, ses formations locales. Financée à hauteur de 8,5 milliards de FCFA par la BAD, l’initiative prévoit 40 sessions au bénéfice de 20 structures et de plus de 2 000 bénéficiaires.
L’École Nationale d’Administration (ENA) a abrité, lundi 5 octobre 2026 à Lomé, la cérémonie officielle de lancement des formations locales du Projet d’Appui à la Gouvernance et au Développement du Secteur Privé (PAGDSP). Financé à hauteur de 8,5 milliards de FCFA par la Banque africaine de développement (BAD), le projet ambitionne de renforcer les capacités des administrations et des acteurs concernés par la gouvernance économique et le développement du secteur privé. Le programme découle d’une convention de 500 799 825 FCFA signée le 30 mai 2025 entre le PAGDSP et l’ENA. Il prévoit au total 40 sessions de formation destinées à 20 structures et à plus de 2 000 bénéficiaires sur l’ensemble du territoire national. Parmi les institutions ciblées figurent notamment l’Office togolais des recettes (OTR), l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), la Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA), la CENTIF, l’ANPGF, l’UCRM ainsi que des organisations de la société civile.
La maîtrise de la masse salariale au cœur de la première session
Pour cette première phase, les formations sont consacrées aux cadres de la Direction nationale du contrôle financier (DNCF), autour du thème : « Contrôle de la solde et maîtrise de la masse salariale ».
La formation est organisée en trois cohortes de 30 participants, chacune devant suivre cinq jours de formation. Elle est confiée à l’expert BAKPENA Babakokoga, ancien directeur des Finances. L’objectif est de renforcer les compétences des contrôleurs dans l’analyse des données relatives à la solde, l’identification des anomalies et la conception d’indicateurs permettant d’assurer un suivi plus efficace de la masse salariale.
L’ENA appelée à jouer un rôle stratégique
Dans son mot de bienvenue, le directeur général de l’ENA, Adama Kpodar, a salué le choix porté sur son institution pour piloter les formations du projet. Selon lui, cette responsabilité s’inscrit dans les missions fondamentales de l’École, notamment la formation et le renforcement des capacités des agents publics. Revenant sur le parcours du PAGDSP, il a rappelé que le Togo a bénéficié du Fonds africain de développement d’un don de 2,5 millions de dollars et d’un prêt de 8 millions de dollars, approuvés en décembre 2021. Le directeur général de l’ENA a également souligné les efforts déployés par les différentes équipes pour parvenir au lancement effectif des formations, malgré les exigences liées aux procédures budgétaires et aux mécanismes des banques internationales. Il a, par ailleurs, assuré les 90 premiers participants de la DNCF de la qualité des formateurs et des dispositions pédagogiques mises en place pour garantir l’efficacité de la formation.
Le PAGDSP au service d’une meilleure gestion publique
Prenant la parole au nom du ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, le directeur national du Contrôle financier, AKAKPO Iyatan Komi, a situé le PAGDSP dans la dynamique des réformes engagées pour renforcer la gouvernance économique. Selon lui, le projet vise notamment à contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations en créant les conditions favorables à l’accélération des politiques publiques en faveur d’une croissance forte, durable et inclusive. Il a cité parmi les principaux objectifs la mobilisation accrue des ressources internes et externes, l’amélioration de l’allocation des ressources publiques, le renforcement de l’intégrité de la chaîne de la dépense, ainsi que le développement d’une budgétisation sensible au genre. Le projet entend également contribuer à la promotion et au développement du secteur privé.
« La masse salariale n’est pas une simple ligne comptable »
Pour la DNCF, le choix du contrôle de la solde comme première thématique répond à un enjeu majeur de gestion des finances publiques. La formation doit permettre aux participants de mieux analyser les données salariales, de détecter les éventuelles anomalies et de disposer d’outils de suivi adaptés. S’adressant aux participants, AKAKPO Iyatan Komi les a invités à faire preuve d’une attention particulière et d’une forte assiduité tout au long des travaux. L’objectif, a-t-il souligné, est qu’ils ressortent de la formation avec des compétences directement mobilisables dans l’exercice de leurs fonctions.
Le pari du renforcement des capacités
Au-delà de cette première session, le lancement des formations locales du PAGDSP traduit la volonté de renforcer les compétences des acteurs publics et de consolider les mécanismes de gouvernance économique.
Avec 40 sessions programmées et plus de 2 000 bénéficiaires attendus, le projet entend déployer progressivement ses actions auprès des différentes structures ciblées, de l’administration financière aux acteurs du secteur privé et de la société civile. La maîtrise de la masse salariale, l’amélioration du contrôle de la dépense et le renforcement des capacités apparaissent ainsi comme des axes importants de cette démarche visant à améliorer l’efficacité de la gestion publique au Togo.