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Entrepreneuriat : A Kara, l’inquiétude et l’espérance fondent en succès

 Le parcours de quelques entrepreneurs rencontrés à Kara démontre la dure réalité quotidienne que font face ces jeunes pour faire émerger leur entreprise. Risques financier et social dans l’espoir de réaliser des profits. Motivés, ces entrepreneurs demeurent déterminés. Témoignages !

A Kara, on retrouve des entreprises de communication, de commerce, d’art plastique et bien d’autres. La vie n’est pas rose pour ces opérateurs économiques toutefois l’espoir est permis selon les entrepreneurs rencontrés.

 « Nous sommes fière de voire certains jeunes que nous avons formés, qui aujourd’hui sont sur le chemin de leur passion, qui aujourd’hui sont employés. » a indiqué POLONGA Pyabalo, communicateur, présentateur évènementiel et responsable d’une agence de communication.

Le premier responsable de l’entreprise Pop’s et Adna de fabrication et de distribution de crèmes glacées et de développement de machines automatiques M. BIGAMBOU Essoham  déclare « j’ai la fierté de se dire qu’on crée quelque chose. On est en joie quand on se rend compte que ce qu’on a crée rentre en adéquation avec le besoin de la société ». 

Difficultés financières et matériels 

Pour  LOMBENA Kawa artiste plasticien et responsable de l’entreprise Saint Joe BTP « nous sommes dans l’imprimerie, le commerce et bâtiment travaux public. Les difficultés que nous rencontrons sont énormes, les plus importantes sont ordre financier et matériel. Pour acquérir le financement c’est très difficile » a-t-il mentionné.

Madame EGBARE Piklinani, responsable de l’entreprise Génération Gédéon spécialisé dans la fabrication des savons s’aligne également sur cette position en ces termes « les difficultés que nous croisons, je crois que c’est le manque de moyens financiers, parce que les banques n’acceptent pas à travailler avec nous, donc nous travaillons avec les microfinances et cela pèse beaucoup sur nous. Par exemple lorsqu’on prend un près de 5 millions de Francs CFA, l’intérêt va jusqu’à 1 250 000 de francs CFA payable en 18 mois c’est très compliqué, c’est énorme pour une jeune entreprise » a-t-elle expliqué. 

La soude et l’huile sont les matières premières utilisées dans l’entreprise Génération Gédéon. La hausse des prix de ces matières constituent également une difficulté insurmontable pour cette dernière.

Défis

Une jeune entreprise à Kara pour mieux se positionner devrait relever un certain nombre de défis comme le souligne BIGANBOU Essoham. 

« L’entreprise doit regorger une diversité de compétence traduisant par une équipe performante, il faut réussir à avoir les intrants nécessaire pour pouvoir produire, transformer et vendre ensuite il faut mettre un bon plan de marketing et il faut aussi des moyens puisqu’on nous a toujours demandé, le pourquoi on ne va pas s’installer à Lomé où il y a plus d’opportunités cela indique qu’une entreprise à la capitale a plus de chance de se développer et donc les entreprises de l’intérieur du pays à défaut de cela doivent s’armer de moyens » a-t-il relevé. 

Pour LOMBENA Kawa la satisfaction du client est un défi à relever « c’est d’abord la satisfaction du client avant d’en venir au profit de l’entreprise et en suite les entreprises de l’intérieur doivent gagner les marchés publics. Une réelle collaboration inter entreprise est également un défi à relever » a-t-il mentionné. 

 « L’Etat doit apporter de l’aide aux entreprises formelles à l’intérieur du pays » suggère POLONGA Pyabalo . « Que l’Etat fait de telle sorte que les entrepreneurs reconnus par FAEIJ puissent jouir de certaines libertés au nivaux de la fiscalité. Il faudrait également que le processus d’octroi du crédit soit favorable à ces jeunes entreprises de l’intérieur » a fait savoir EGBARE Piklinani. 

Pour BIGANBOU Essoham l’Etat doit prendre des dispositions pour l’accélération des jeunes entreprises, surtout à l’incubation car c’est à cette étape où il y a stagnation. « Il faut que les entreprises qui sont viables et qui ont du potentiel bénéficient des financements en vue de leurs éclosion, pour leur permettre de devenir des championnes locales » a-t-il expliqué.

La situation que vive les entrepreneurs de Kara sont identiques à celle des autres villes. L’Etat a mis en place des Fonds, des programmes comme FAEIJ , ex-PRADEB qui ont apportés et continue de soutenir les jeunes entrepreneurs. Seulement un autre regard doit être tourné vers l’intérieur du pays.

Plaki Simliwa depuis Kara

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