La Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo) a organisé, ce 29 juillet dernier à son siège, une session d’information consacrée à la finance islamique et aux financements par Sukuk. Animée en collaboration avec les experts du cabinet CFiC Sénégal (Corporate Finance Consulting), cette rencontre a réuni des chefs d’entreprise, des opérateurs économiques ainsi que des représentants d’institutions publiques et privées.
L’accès au financement demeure l’un des principaux défis auxquels font face les entreprises togolaises. Dr José Kwassi SYMENOUH, Président de la CCI-Togo, en a fait le point de départ de son intervention. Il a rappelé que de nombreux projets porteurs peinent encore à voir le jour faute de ressources financières adaptées, surtout au sein des petites et moyennes entreprises (PME).
Pour lui, l’évolution du contexte économique impose d’explorer des mécanismes de financement innovants capables d’élargir les possibilités offertes au secteur privé. Il a présenté la finance islamique et les Sukuk comme des solutions susceptibles de diversifier les sources de financement des entreprises, de soutenir les investissements productifs et de renforcer la compétitivité de l’économie togolaise.
Les présentations ont permis aux participants de découvrir les fondements de la finance islamique, un modèle qui ne s’adresse pas exclusivement aux pays ou aux investisseurs musulmans. Les experts l’ont présentée comme une finance éthique, fondée sur la transparence, le partage des risques et le financement d’actifs réels. En privilégiant des investissements directement liés à l’économie productive, elle vise à soutenir durablement la création de valeur.
Les échanges se sont ensuite focalisés sur les Sukuk, présentés comme une alternative aux modes de financement conventionnels. Adossés à des actifs réels, ces instruments permettent de mobiliser des ressources pour financer des infrastructures, des unités industrielles, des équipements, des moyens de transport ou encore des plateformes technologiques. Les experts ont également présenté plusieurs mécanismes de financement propres à la finance islamique, notamment la Murabaha, l’Ijarah et l’Istisna’, qui répondent à des besoins spécifiques des entreprises.
Les intervenants ont par ailleurs identifié les secteurs qui offrent les meilleures perspectives pour ce type de financement. L’agro-industrie, l’industrie manufacturière, les infrastructures, l’énergie, la santé, l’éducation, les services numériques, la logistique ainsi que les projets réalisés dans le cadre de partenariats public-privé figurent parmi les domaines les plus adaptés. Ils ont rappelé que tout projet doit être économiquement viable, reposer sur un actif réel et respecter les principes de la finance islamique.

Les Sukuk constituent également un levier de financement pour les États. Ils peuvent être mobilisés pour soutenir des projets structurants dans les domaines des transports, de l’énergie, de l’éducation, de la santé ou encore des infrastructures publiques. Plusieurs pays africains y ont déjà recours afin de diversifier leurs sources de financement et d’élargir leur base d’investisseurs.
Au-delà des Sukuk, deux autres leviers susceptibles de renforcer la compétitivité des entreprises ont été présentés : la certification Halal, qui facilite l’accès à de nouveaux marchés internationaux, et la certification ESG, qui favorise l’accès aux financements responsables tout en renforçant l’attractivité des entreprises auprès des investisseurs.
Les échanges avec les experts ont permis aux participants de repartir avec une meilleure compréhension des conditions d’accès à ces financements, des critères d’éligibilité des projets, des délais de mise en œuvre ainsi que des perspectives qu’offrent ces mécanismes aux entreprises togolaises.
À travers cette initiative, la CCI-Togo réaffirme sa volonté d’accompagner les entreprises dans la découverte de nouveaux instruments financiers et de favoriser l’accès à des solutions innovantes capables de soutenir l’investissement, de renforcer la compétitivité du secteur privé et de contribuer au développement économique du Togo.