L'économiste du Togo

L’avenir de la filière café en discussion à Addis-Abeba

En sa double qualité de président de l’Agence des Cafés Robusta d’Afrique et de Madagascar (ACRAM) et de vice-président du Conseil de l’Organisation Internationale du Café, le Togolais Enselme Gouthon a été reçu, la semaine dernière, par Antonio Pedro, Secrétaire Exécutif de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA), à Addis-Abeba, en Ethiopie. Au menu des échanges entre les deux personnalités, « l’avenir du café en Afrique : une voie vers la croissance économique et le tourisme durable. »

Le Président de l’ACRAM, Mr Gouthon, présente le Guide du Café (4ème édition) au Secrétaire Exécutif de la CEA, Antonio Pedro. La Commission Economique pour l’Afrique (CEA)reconnaît la nécessité d’une collaboration avec diverses entités pour créer un changement positif dans l’industrie du café.

 L’Agence des Cafés Robusta d’Afrique et de Madagascar (ACRAM) explore les principaux points de cet échange sur l’avenir du café en Afrique, en se concentrant sur la stabilité macroéconomique, l’industrialisation durable, l’action climatique, les transitions énergétiques et le rôle du café dans la promotion du tourisme et des expériences culturelles. Ainsi, le premier pilier pour l’avenir du café en Afrique réside dans la réalisation de la stabilité macroéconomique et le maintien du financement.

Des conditions économiques stables offrent un environnement propice à la prospérité de l’industrie du café. En outre, une industrialisation et un commerce durables sont essentiels à la croissance économique et à la création d’emplois. Les nations africaines, comme la Guinée équatoriale, souhaitent revitaliser leur filière café en recherchant des partenariats avec des pays comme le Costa Rica, réputés pour leur expertise dans les cafés spécialisés.

Part de marché et prix premium

Les conditions climatiques jouent un rôle important dans la production de cafés spécialisés, ce qui entraîne des prix plus élevés.

En engageant des conversations stratégiques avec les principaux producteurs de café comme le Brésil, les nations africaines peuvent explorer les moyens de contrôler efficacement l’approvisionnement en cafés spécialisés. Ces conversations devraient viser à maintenir des prix raisonnables tout en évitant la création de cartels.

En outre, le partage des connaissances et l’échange d’expériences entre les pays producteurs de café, comme El Salvador et le Costa Rica, peuvent aider les pays africains à optimiser leur industrie du café, en particulier dans les petites villes aux ressources limitées.

Veille stratégique et valeur ajoutée

Pour soutenir l’industrie du café en Afrique, il est essentiel d’avoir accès à des renseignements stratégiques et à des informations sur l’engagement mondial.

La CEA sollicite des informations auprès d’organisations produisant des rapports et des analyses sur la production de café, les tendances du marché et la consommation.

Ces connaissances peuvent donner aux États membres africains les moyens de prendre des décisions éclairées et d’améliorer le processus d’ajout de valeur. En ajoutant de la valeur à leurs produits de café, les pays africains peuvent accéder à des marchés à plus forte valeur ajoutée et augmenter leurs sources de revenus.

Promouvoir la culture et le tourisme du café

Outre la croissance économique, le café peut jouer un rôle important dans la promotion du tourisme en Afrique. La diversité des paysages et la beauté naturelle du continent offrent un immense potentiel de développement touristique.

Cependant, l’un des défis auxquels le secteur du tourisme est confronté est l’expérience touristique limitée au-delà des attractions basées sur la nature. Pour surmonter cela, les nations africaines doivent se concentrer sur le développement d’un marché touristique robuste pour les Africains eux-mêmes.

Comprendre les touristes africains et diversifier l’expérience

Les pays africains doivent mieux comprendre les préférences et les intérêts des touristes africains pour adapter leurs offres touristiques en conséquence.

En diversifiant l’expérience touristique, les pays peuvent attirer un plus large éventail de visiteurs.

L’Éthiopie est un cas exemplaire, avec sa riche culture du café. Les cérémonies traditionnelles du café et les pratiques culturelles éthiopiennes permettent aux touristes de mieux comprendre le patrimoine, les traditions et la culture dynamique du pays.

L’avenir du café en Afrique est extrêmement prometteur pour la croissance économique, le développement durable et l’expansion du tourisme.

En donnant la priorité à la stabilité macroéconomique, à l’industrialisation durable et aux collaborations stratégiques, les nations africaines peuvent capitaliser sur les prix élevés des cafés spécialisés.

De plus, investir dans l’intelligence stratégique, la valeur ajoutée et les expériences touristiques attirera des visiteurs nationaux et internationaux, stimulant les économies locales et les échanges culturels. En exploitant son potentiel caféier, l’Afrique peut ouvrir la voie à un avenir prospère et durable.

Créée en 1958 par le Conseil économique et social (ECOSOC) des Nations Unies, la CEA est l’une des cinq commissions régionales de l’ONU. Elle a pour mandat d’appuyer le développement économique et social de ses États membres, d’encourager l’intégration régionale et de promouvoir la coopération internationale pour le développement de l’Afrique.

Joël YANCLO

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