Léconomiste du Togo

Prochaine session de l’OMC, les Africains toujours impuissants

La  13e conférence ministérielle biennale de l’OMC va se tenir à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis, du 26 au 29 février 2024.

L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) promeut certaines politiques visant ostensiblement à protéger la population contre les risques alimentaires (mesures sanitaires et phytosanitaires) ou à protéger la santé (licences obligatoires pour les médicaments). Nous avons vu, notamment lors de la pandémie de Covid-19, que ces politiques entravent l’accès de nombreux pays à des produits essentiels.

La question est donc la suivante : cette 13e conférence ministérielle de l’OMC peut-elle faire la différence ? Peut-elle aider l’Afrique à doubler, voire à tripler sa part du commerce mondial, comme l’a déclaré la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala ?

 Elle a parlé, par exemple, d’encourager une nouvelle approche du commerce mondial (la « re-mondialisation » ) pour diversifier les chaînes d’approvisionnement, y compris celles de l’Afrique.

En effet, les subventions agricoles et la réforme du système de règlement des différends devraient être les principaux points sur les tables de négociation à Abou Dhabi.

Mais même lorsque l’OMC proclame un succès majeur, comme elle l’a fait en 2015 à Nairobi, promettant de « bénéficier en particulier aux membres les plus pauvres de l’organisation », la réalité est un peu plus obscure.

Actuellement, 44 pays africains sont membres de l’OMC, neuf autres pays ont le statut d’observateur et deux seulement ne sont pas du tout affiliés. Les pays africains représentent actuellement 27 % des membres à part entière. La grande majorité de ces pays ont adhéré à l’OMC avant la Chine, qui en est devenue membre en 2001.

Malgré cela, la situation de l’Afrique dans le système commercial mondial n’a pas beaucoup changé en trente ans. Au contraire, la situation s’est aggravée. En 2023, le continent africain représentait 2,7 % des exportations mondiales. En 1973, cette part était de 4,8 %. Parallèlement, la part du continent dans les importations mondiales est plus élevée que les exportations aujourd’hui (2,9 %), alors qu’en 1973, elle était plus faible (3,9 %).

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