Passer au contenu principal

Léconomiste du Togo

Projet de loi de finances au Togo: Le budget 2027 arrêté à 2 684,1 milliards de FCFA


Au Togo, le 22 octobre 2026 sous la présidence de Faure Essozimna Gnassingbé, le Conseil des ministres a adopté le projet de loi de finances pour 2027, ainsi que deux autres textes portant sur la ratification de l’accord de Samoa et la réforme des zones économiques spéciales.

Le gouvernement togolais poursuit la mise en œuvre de sa Feuille de route 2026-2031 dans un environnement international dominé par les tensions géopolitiques, les incertitudes économiques et le durcissement des conditions de financement. Les décisions prises au cours du récent Conseil des ministres portent notamment sur les orientations budgétaires, le renforcement de la coopération internationale et la transformation du cadre national d’investissement.


Un budget 2027 en baisse de 2,5 %


Le projet de loi de finances pour l’exercice 2027 s’équilibre en ressources et en charges à 2 684,1 milliards de francs CFA, contre 2 751,5 milliards de FCFA en 2026. Cette enveloppe représente une baisse de 2,5 %, principalement attribuée au contexte économique international. Malgré cette contraction, le gouvernement maintient plusieurs priorités : la sécurité, la cohésion sociale, la transformation économique, l’accès aux services sociaux de base, la création d’emplois et le soutien aux populations vulnérables.

Les dépenses d’investissement consacrées aux programmes de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031 s’élèvent à 490 milliards de FCFA. Elles sont réparties entre les trois axes stratégiques et les programmes transversaux. L’axe « Protéger » bénéficie de 227,2 milliards de FCFA, tandis que l’axe « Transformer » reçoit 143,5 milliards. L’axe « Rassembler » se voit allouer 97 milliards de FCFA, contre 22,4 milliards pour les programmes transversaux.

Ces allocations visent à renforcer la résilience du pays, à améliorer l’accès aux services essentiels et à consolider la cohésion sociale et territoriale. Elles doivent également soutenir la transformation structurelle de l’économie, notamment à travers l’agriculture, l’industrialisation, les infrastructures et la création d’emplois.


Discipline budgétaire et digitalisation
Au-delà de la répartition des ressources, le projet de budget 2027 met l’accent sur l’amélioration de la gestion des finances publiques. Le gouvernement entend renforcer la discipline budgétaire, optimiser la mobilisation des recettes et accroître l’efficacité des dépenses. La digitalisation des procédures, le suivi des projets et la transparence dans la gestion publique figurent également parmi les orientations retenues. L’objectif affiché est de mieux maîtriser l’utilisation des ressources de l’État et de garantir des résultats concrets au bénéfice des populations.


Accord de Samoa : le Togo veut consolider ses partenariats internationaux


Le Conseil des ministres a également adopté le projet de loi autorisant la ratification de l’accord de partenariat entre l’Union européenne et ses États membres, d’une part, et les membres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), d’autre part. Signé le 15 novembre 2023 à Apia, aux Samoa, cet accord constitue le nouveau cadre de coopération entre les parties pour les vingt prochaines années.

Le texte couvre plusieurs domaines stratégiques, notamment la paix et la sécurité, la gouvernance, le développement économique et social, l’investissement, l’environnement ainsi que la migration et la mobilité. Son protocole régional consacré à l’Afrique tient compte des priorités du continent, avec un accent particulier sur la croissance inclusive et durable, le développement humain et social, la bonne gouvernance et la stabilité régionale. Pour le Togo, la ratification de cet accord doit permettre de consolider les relations avec l’Union européenne et les autres membres de l’OEACP.


Zones économiques spéciales : vers un cadre plus attractif pour les investisseurs


La troisième décision majeure concerne la réforme du régime des zones économiques spéciales (ZES). Le Conseil des ministres a adopté un projet de loi destiné à moderniser le dispositif actuel, issu du régime de la zone franche industrielle institué en 1989 et réformé par la loi n° 2011-018 du 24 juin 2011. Ce régime a contribué au développement d’une industrie orientée vers l’exportation. Toutefois, les évolutions de l’environnement économique et fiscal, la concentration des investissements dans le Grand Lomé, les liens encore limités entre les entreprises implantées en zone franche et le tissu économique national, ainsi que les insuffisances de gouvernance ont mis en évidence la nécessité d’une réforme.

Le nouveau cadre vise à renforcer l’attractivité et la compétitivité de l’économie togolaise, à favoriser la transformation des ressources nationales et à assurer une répartition plus équilibrée des investissements sur le territoire. Le projet prévoit notamment une diversification des types de zones, une meilleure répartition géographique des projets et une modulation des avantages en fonction de leur localisation. Il accorde également une place centrale au contenu local, à la création d’emplois qualifiés et durables pour les Togolais, à la formation professionnelle et au développement des entreprises nationales.


Des avantages fiscaux encadrés et une place accrue pour les entreprises locales


La réforme prévoit par ailleurs un régime fiscal plus compétitif, reposant sur des avantages limités dans le temps et soumis à des conditions précises. Le dispositif doit également préserver l’équité concurrentielle sur le marché national et sécuriser les recettes publiques. La gouvernance des zones économiques spéciales sera également rénovée afin d’offrir un environnement des affaires plus favorable aux investisseurs.

À travers cette réforme, le gouvernement entend stimuler les investissements productifs et renforcer l’intégration des entreprises togolaises dans les chaînes de valeur. L’enjeu est de faire des ZES un levier de transformation économique, capable de générer davantage d’emplois, de favoriser le transfert de compétences et d’accroître les retombées économiques et sociales sur l’ensemble du territoire.

Partager

Laisser un commentaire

Catégories

Autres articles

La diplomatie économique de la CCI-Togo

octobre 17, 2026

Le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo), Dr José Kwassi SYMENOUH, a reçu successivement, ce...

UEMOA: Le FMI salue la résilience économique de l’Union

octobre 16, 2026

Réunis le 15 octobre 2026 à Bangkok, les responsables de l’UEMOA et du FMI ont salué la résilience économique de...

IDE : le Togo, grand corridor et pays d’opportunité, attire les capitaux étrangers

octobre 10, 2026

Avec un stock entrant d’IDE de 2 063 millions de dollars en 2025 (+27,3 %), le Togo capte près de...

Les enjeux du troisième Sommet et du Forum économique et humanitaire RUSSIE-AFRIQUE 2026

octobre 5, 2026

Le troisième Sommet Russie-Afrique va se tenir à Moscou les 28 et 29 octobre 2026. Cet événement constitue un rendez-vous...