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Léconomiste du Togo

Au Togo, l’exécution du budget en 2024 atteint un taux de réalisation de 96,70 %


Avec un taux de réalisation global de 96,70 %, les ressources du budget général de l’État togolais en 2024 confirment une dynamique de performance budgétaire.


Joël Yanclo

Le rapport d’exécution du budget de l’État togolais à fin décembre 2024 révèle un taux de mobilisation des ressources du budget général de 96,70 %, correspondant à 2 170,55 milliards FCFA contre une prévision annuelle de 2 244,74 milliards FCFA. Cette performance représente une hausse de 4,99 % par rapport à l’année 2023, portée principalement par la montée en puissance des recettes fiscales, résultat d’un ensemble de réformes et d’actions de renforcement du recouvrement.


Effort soutenu dans la mobilisation des recettes fiscales


Au 31 décembre 2024, les recettes budgétaires ont atteint 1 336,11 milliards FCFA, soit 99,45 % des prévisions. La croissance des recettes fiscales de 10,74 % par rapport à 2023 a largement soutenu cette performance, en dépit d’un faible élargissement de l’assiette fiscale. Cette amélioration s’explique par des mesures ciblées, notamment : la mise en place d’un comité de suivi dédié à la mobilisation des recettes, le renforcement du contrôle fiscal, avec une hausse de 12,7 % des droits mis en recouvrement, l’accélération du traitement des dossiers contentieux, le contrôle des exonérations, le recouvrement des RAR et l’amélioration du module de contrôle douanier, l’extension de la déclaration électronique via le GUDEF et le développement d’applications mobiles pour la TVM, une modernisation continue des procédures administratives et une politique active de sensibilisation au civisme fiscal. Dans le détail, les impôts ont atteint 1 089,18 milliards FCFA sur une prévision de 1 104,01 milliards, soit un taux de 98,66 %, les taxes ont progressé de 3,86 % avec un recouvrement de 5,47 milliards FCFA, les produits des amendes ont généré 1,74 milliard FCFA, en hausse de 7,26 %.


Amélioration contrastée des recettes non fiscales

Les recettes non fiscales se sont établies à 120,64 milliards FCFA, bien au-dessus des prévisions (167,23 %), mais en baisse de 16,51 % par rapport à 2023, en raison d’une surperformance exceptionnelle l’année précédente. Les revenus de l’entreprise et du domaine, principaux contributeurs (77,85 milliards FCFA), enregistrent une régression de 26,69 %, malgré un dépassement significatif des prévisions annuelles (+125 %). À l’inverse, les droits et frais administratifs ont progressé de 29,67 %, atteignant 18,18 milliards FCFA, tandis que les autres recettes non fiscales ont connu une légère hausse de 3,82 %, notamment grâce aux contributions de la Société de Recouvrement du Togo (SRT), des recettes consulaires et des amendes diverses. Les produits financiers sont en recul de 3,16 %, principalement en raison d’une baisse des commissions sur transferts BCEAO et des gains de change.


Performance solide


Malgré un ralentissement des bases fiscales, comme l’illustrent les faibles croissances des importations (+2,4 %) et du chiffre d’affaires taxable à la TVA (+1,6 %), le Togo a réussi à maintenir une mobilisation proche des objectifs grâce à des réformes administratives structurantes et une discipline budgétaire affirmée. Les efforts d’élargissement de l’assiette, de digitalisation et de renforcement des contrôles portent leurs fruits, même si les ressources exceptionnelles tendent à baisser, comme en témoignent les revenus non récurrents des redevances minières en 2023. Cependant, la baisse des dons (−35,19 %) rappelle la vulnérabilité aux aléas des financements extérieurs. La part des ressources de trésorerie (emprunts, titres publics), avec un taux de réalisation de 92,59 %, indique aussi un recours encore soutenu à l’endettement, malgré une progression modérée (+11,24 %). Le défi pour 2025 sera donc de pérenniser les réformes, stimuler les assiettes de recettes, et diversifier les sources de financement, tout en maîtrisant les niveaux d’endettement et en consolidant les acquis d’une administration fiscale modernisée.

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