L'économiste du Togo

« Un espoir de reflux en 2023 » selon le trésor français

L’économie togolaise s’est montrée résiliente en 2020 face à l’impact de la pandémie de COVID-19, avec une croissance positive à 1,8%. Si certains secteurs ont été durement touchés (hôtellerie, restauration, transports routiers et aériens, commerce informel…), d’autres (tels que les industries des boissons et du ciment, l’activité portuaire…) ont maintenu leur dynamisme ou ont très vite rattrapé leur niveau d’avant crise en 2021 et 2022.

 La croissance a rebondi en 2021 pour retrouver son niveau pré-COVID à +5,1%, et s’est accélérer en 2022 (+5,6%), 5,9% pour atteindre +6,5% sur le moyen terme.

En 2021, la hausse de l’indice des prix harmonisé à la consommation (INHPC) s’est établi en moyenne annuelle à 4,5% (contre 1,8% en 2020) et est attendue à environ 7 % en 2022 avec un espoir de reflux en 2023.

En termes de ventilation sectorielle, le secteur primaire (principalement l’agriculture) contribue au PIB à hauteur de 18,5 % ; le secteur secondaire, qui repose en grande partie sur l’agroalimentaire, la construction ainsi que la production et la distribution d’eau, d’électricité et de gaz, représente 22,9 % du PIB ; tandis que le secteur tertiaire centré autour du commerce, de l’activité portuaire, aéroportuaire et financière contribue à plus de la moitié du PIB (58,6 %). Le clinker et le ciment, les phosphates, le coton-fibre sont les trois principaux produits d’exportation aux côtés de filières émergentes (soja, …).

Grâce au choix de MSC qui a fait du port de Lomé en 2014 sa plateforme de transbordement, ce dernier s’impose comme le 5ème port de conteneurs d’Afrique et le 1er sur la côte ouest d’Afrique subsaharienne.

Le Togo mise à court et moyen terme sur des investissements dans le secteur cimentier, dans la transformation des phosphates, dans la zone industrielle spéciale d’Adétikopé avec l’objectif de créer des chaînes de valeur issues de matières 1ères locales (coton, soja, bois, …).

Le développement humain, tel qu’enregistré par le rapport 2021 du PNUD, est faible, le pays étant classé au 162ème rang mondial sur 189 avec une note de 0,539. Le climat des affaires togolais, tel qu’évalué par la dernière enquête Doing Business, indiquait une nette amélioration avec un gain de 40 places. Il s’agissait de la plus importante progression comptabilisée au niveau du continent africain sur l’année, ce qui a permis au pays de se hisser à la 97ème place mondiale sur 190.

Solde budgétaire

L’impact de la COVID-19 a conduit à un déficit budgétaire élevé ces deux dernières années : 6,9% du PIB en 2020 et 6,5% du PIB en 2021, contre un excédent de 1,6% du PIB en 2019.

La Loi de Finances rectificative 2022 a encore revu sensiblement à la hausse le déficit public (8,4% du PIB, soit 428 Mds XOF – 652,5 M EUR) du fait des mesures de soutien au pouvoir d’achat (subvention/exonérations fiscales pour les produits de base, augmentation de 10% des salaires des fonctionnaires, …) et des dépenses de sécurité additionnelles (2 points de PIB). Le déficit 2023 est programmé à environ 6,5% du PIB (soit 367,5 Mds XOF -560,2 M EUR).

Situation de la dette

La dette publique du Togo s’est fortement accrue depuis 2019. Elle est ainsi passée de 2 197 Mds XOF (52% du PIB) en décembre 2019 à 3 125 Mds XOF -4,8 Mds EUR- mi-2022 (61% du PIB).

Elle reste très majoritairement, à 70,7%, libellée en francs CFA, quasi exclusivement constituée de titres d’Etat émis sur le marché sous-régional. Le service de la dette intérieure (intérêts et amortissement du principal) est particulièrement lourd et absorbe environ 83% des charges de trésorerie de la dette publique (450 Mds XOF -686 M EUR- sur un total de 542 Mds XOF -826,2 M EUR- planifié pour 2023).

À quoi sert la dette publique au Togo ?

Les prêts obtenus par le Togo auprès de ses partenaires lui ont permis de réaliser diverses activités économiques dans des domaines d’éducation, de sécurité, d’agriculture, de santé, etc.  L’encours de dette ayant couvert les activités de services administratifs et d’appui est estimé à 231 milliards FCFA alors que celui des infrastructures et de transport est évalué à 335 milliards FCFA.

Celle de la production et de distribution de l’électricité et du gaz est estimée à 136 milliards contre 256 milliards investis dans plusieurs secteurs. Au total 1142 milliards ont été répartis dans plusieurs secteurs durant l’année 2022.

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