Léconomiste du Togo

Au Togo, la DGEAE intègre le climat dans son cadre macroéconomique


La Direction générale des études et analyses économiques (DGEAE) a lancé un vaste programme de formation destiné à doter ses cadres des compétences nécessaires pour intégrer les effets du changement climatique dans le cadrage macroéconomique et budgétaire du Togo. Soutenue par le PNUD, L’initiative arrive à un moment où les chocs climatiques influencent de plus en plus la trajectoire économique nationale.

La première phase de cette formation innovante s’est déroulée à Lomé du 17 au 21 novembre 2025. La seconde est prévue à Kpalimé du 24 au 29 novembre 2025.
Pendant ces sessions, les cadres de la DGEAE sont formés à la compréhension des changements climatiques, à l’identification de leurs impacts sur les secteurs économiques essentiels et à la quantification de leurs effets sur les indicateurs macroéconomiques. Selon M. Kanaza Hodabalo, Conseiller technique à la DGEAE, l’enjeu est de taille : « Intégrer pleinement les effets du changement climatique dans le cadrage macroéconomique et budgétaire. »
Il explique que les perturbations climatiques influencent déjà plusieurs secteurs stratégiques tels que l’agriculture, les infrastructures, l’énergie ou encore la santé. Mesurer ces impacts devient indispensable pour élaborer des politiques publiques mieux adaptées.


À l’issue de la formation, les cadres seront capables d’identifier les canaux de transmission des chocs climatiques vers les principaux agrégats économiques, de quantifier les risques et d’intégrer ces éléments dans les projections macroéconomiques. Cette montée en compétence permettra de concevoir un mécanisme de prise en compte des chocs climatiques dans la prévision des comptes macroéconomiques, et de réaliser des exercices pratiques de simulation. Le public visé est constitué des cadres de la DGEAE ainsi que d’experts issus de différents services intervenant dans le cadrage macroéconomique, budgétaire ou travaillant sur les questions de changement climatique.

Démarche pour une économie plus résiliente
Les économies africaines, et particulièrement celles d’Afrique de l’Ouest, subissent une intensification des aléas climatiques : pluies irrégulières, inondations, stress hydrique, baisse de rendement agricole…


Le Togo, du fait de sa structure économique dépendante des ressources naturelles, figure parmi les pays les plus vulnérables. En intégrant désormais ces risques dans les projections macroéconomiques, l’État togolais pourra améliorer la fiabilité de ses prévisions budgétaires.


Cette approche permettra notamment : d’anticiper les risques de dérapages liés aux chocs climatiques ; de planifier des mesures d’atténuation et d’adaptation ; d’orienter les ressources vers les secteurs les plus exposés ; et de renforcer la résilience globale de l’économie nationale. Pour M. Kanaza Hodabalo, cette évolution représente un tournant majeur dans la gestion économique du pays. « Cette approche contribuera à une croissance plus robuste et à une meilleure protection des citoyens », souligne-t-il. La formation s’appuie sur un nouveau modèle de cadrage macroéconomique développé par la DGEAE depuis février 2024. Ce modèle comprend des modules de simulation capables d’analyser divers types de chocs, y compris ceux liés aux changements climatiques.

L’objectif est de doter le pays d’un outil moderne permettant de faire face à un environnement économique de plus en plus incertain. Le partenariat avec le PNUD constitue un levier déterminant. L’organisation onusienne a financé l’intégralité de la formation, mobilisé un expert macroéconomiste de haut niveau et assuré l’appui technique nécessaire. Cette coopération illustre l’importance accordée par les partenaires internationaux à la gestion durable des finances publiques sensibles au climat.

Cadre national aligné sur les réformes climatiques et budgétaires
Le plan d’actions 2025–2027 de la Stratégie de réformes de la gestion des finances publiques (GFP), sensible au climat et au genre, adoptée par le Togo prévoit le développement d’une variante de simulation intégrant explicitement les effets climatiques dans la modélisation économique.


Cette orientation répond à une recommandation issue des réunions techniques du 6 mars 2025 portant sur les matrices triennales des réformes et les plans d’actions des ministères. Les impacts économiques potentiels du changement climatique — baisse de productivité agricole, dégradation des infrastructures, perturbations des chaînes d’approvisionnement, pressions sur les dépenses publiques — représentent des risques majeurs pour la croissance.
Les intégrer dans la planification macroéconomique devient un impératif pour éviter une accentuation de la vulnérabilité du pays. C’est donc pour répondre à ces défis que la DGEAE a sollicité une assistance technique du PNUD, aboutissant à l’organisation de cette formation structurante. Elle marque une étape importante vers une économie plus résiliente, capable d’anticiper les chocs et de s’adapter aux réalités climatiques du XXIᵉ siècle.

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