Léconomiste du Togo

Faut-il mettre un terme aux méthodes peu éthiques de calcul des intérêts composés par le secteur financier international ?

En posant ce débat sur les intérêts composés, mon intention n’est point de susciter de la tension entre opérateurs économiques et banquiers internationaux.

Mais, il s’agit plutôt, dans la mouvance de nos réflexions alternatives centrées sur le pourquoi des choses, de souligner de nouvelles problématiques afin que nous essayions ensemble de leur apporter des solutions.

Je me rappelle d’une discussion stratégique que nous avions eue avec le Management d’une grande banque multilatérale. Le sujet portait sur l’impact des méthodes de calcul des taux d’intérêt appliqués sur les prêts, sur le Produit net bancaire. Dans la foulée, un Cadre de l’Institution proposa de passer de la méthode de calcul de taux d’intérêt simple à celle du taux d’intérêt composé soit disant pour améliorer la rentabilité de la banque.

Cette discussion est révélatrice de l’acuité du sujet. D’ailleurs, il semble que certaines banques commerciales et de développement dans le monde appliquent ostensiblement cette méthode des intérêts composés obligeant ainsi les promoteurs à payer plus d’intérêts que nécessaire. Ce n’est pas normal. Derrière ce problème se profile un enjeu de justice financière.

Revenons sur la problématique

Contrairement aux intérêts simples, calculés sur la base inchangée du capital, les intérêts composés sont une formule dans laquelle, la base prise en compte pour le calcul des intérêts intègre encore les intérêts précédents.

En optant pour les intérêts composés, la Banque fait payer aux promoteurs plus d’intérêts que nécessaire surtout lorsque ceux-ci paient à bonne date leurs échéances. En effet, les intérêts génèrent à leur tour des intérêts. Et ce n’est pas normal

Dans une situation de remboursement normal du crédit, le calcul des intérêts doit se faire sur le montant du principal restant dù.

Nous pouvons comprendre cette méthode de calcul des intérêts composés sur des placements financiers où l’investisseur décide de ne pas percevoir tout de suite ses intérêts mais de les capitaliser.

Mais en aucun cas nous ne pourrons la comprendre sur les prêts.

N’est- il pas grand temps de corriger cette anomalie?

J’ai personnellement saisi la  Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) par écrit sur ces dysfonctionnements.

Le Gouverneur avait donné des instructions pour que ses services se mettent en relation avec nous. Mais hélas aucune suite malgré nos différentes relances.

Ce problème doit être solutionné rapidement afin de permettre à des opérateurs économiques fatigués par une crise mondiale difficile et un contexte inflationniste préoccupant de s’en sortir.

Les gouvernements du monde entier devraient se saisir rapidement de cette question afin de mettre un terme à cette inacceptable situation de rente financière qui pénalise leur politique d’emploi

Magaye GAYE

Économiste International

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