Malgré les signes de reprise économique enregistrés sur le continent africain ces dernières années, la majorité des citoyens continuent de faire face à des conditions de vie difficiles. C’est ce que révèle la dernière dépêche d’Afrobarometer publiée le 8 juin 2026, à partir d’enquêtes menées dans 38 pays africains.
Selon l’étude, 59 % des Africains estiment que la situation économique de leur pays est « plutôt mauvaise » ou « très mauvaise », tandis que 51 % considèrent qu’elle s’est détériorée au cours des douze derniers mois. Plus inquiétant encore, 58 % des personnes interrogées pensent que leur pays va dans la mauvaise direction.
Les difficultés se ressentent directement dans le quotidien des ménages. Près de la moitié des Africains (49 %) jugent leurs propres conditions de vie mauvaises, contre seulement 33 % qui s’en disent satisfaits.
Le chômage demeure une préoccupation majeure. L’enquête révèle que 35 % des adultes en âge de travailler sont sans emploi et à la recherche d’un travail. Les jeunes apparaissent comme les plus touchés, avec 43 % des 18 à 35 ans déclarant rechercher activement un emploi.
La pauvreté vécue reste également très répandue. En moyenne, 79 % des répondants déclarent avoir manqué de revenus en espèces au moins une fois au cours de l’année écoulée. Les privations concernent aussi :
les soins médicaux : 65 % ;
la nourriture : 58 % ;
l’eau potable : 57 % ;
le combustible pour la cuisson : 52 %.
Face à ces difficultés, les solidarités familiales jouent un rôle essentiel. Ainsi, 47 % des Africains affirment avoir sollicité l’aide financière de membres de leur famille, tandis que 33 % se sont tournés vers des amis ou des voisins pour joindre les deux bouts.
Le Togo parmi les pays les plus touchés sur certains indicateurs
Les données concernant le Togo traduisent elles aussi une forte vulnérabilité économique.
Selon Afrobarometer, 95 % des Togolais déclarent avoir manqué de revenus en espèces au moins une fois durant l’année écoulée, plaçant le pays parmi les plus affectés du continent. Les privations concernent également :
les soins médicaux : 79 % ;
la nourriture : 67 % ;
l’eau potable : 65 % ;
le combustible de cuisson : 54 %.
Par ailleurs, 49 % des Togolais disent avoir dû solliciter l’aide de leur famille, tandis que 32 % ont fait appel à leurs amis ou voisins pour faire face aux difficultés financières.
S’agissant du marché de l’emploi, 42 % des Togolais âgés de 18 à 65 ans déclarent être sans emploi et à la recherche d’un travail, un niveau supérieur à la moyenne africaine de 35 %.
Les performances du gouvernement en matière économique font également l’objet d’appréciations critiques. Au Togo, 85 % des citoyens jugent négativement la gestion de la stabilité des prix, 80 % la réduction des inégalités, 77 % la création d’emplois, 77 % l’amélioration des conditions de vie des pauvres et 73 % la gestion globale de l’économie.
Des citoyens partagés entre pessimisme et espoir
Malgré ce tableau préoccupant, une note d’optimisme subsiste. À l’échelle du continent, 49 % des Africains pensent que la situation économique s’améliorera au cours des douze prochains mois, contre 29 % qui redoutent une aggravation.
Pour Afrobarometer, ces résultats constituent un signal fort adressé aux décideurs africains. Si la reprise économique macroéconomique est perceptible, elle peine encore à se traduire par une amélioration tangible des conditions de vie des populations, qui attendent des réponses concrètes en matière d’emploi, de lutte contre la vie chère et de réduction de la pauvreté.