L'économiste du Togo

Shanghai importe plus de sésame en provenance du Togo

Le port Waigaoqiao de Shanghai en Chine a déjà enregistré sur les deux premiers mois de cette année, 2023, un total de 1.845 tonnes de sésame importé d’Afrique, principalement du Mali, du Togo, du Mozambique, du Niger et de Tanzanie.

A en croire un bilan établi le 3 mars 2023, l’importation de sésame en provenance d’Afrique cette année, connaît une hausse de 4,3 fois sur un an, ont annoncé lundi 13 mars 2023, les douanes de Shanghai et rapporté par l’Agence de presse Xinhua.

La Chine est actuellement le plus grand marché d’importation pour le sésame africain, Waigaoqiao étant le principal port d’entrée à Shanghai. Au cours des deux premiers mois de cette année, les importations de sésame provenaient principalement du Mali, du Togo, du Mozambique, du Niger et de Tanzanie. Wu Zhigang, propriétaire d’une entreprise de céréales et d’huile située dans la ville de Kunshan, dans la province chinoise du Jiangsu (est), a indiqué à Xinhua qu’en raison de leur haute qualité et de leur faible prix, les importations de sésame africain étaient principalement utilisées pour extraire de l’huile comestible.

Avec une demande croissante pour les produits à base d’huile de sésame sur le marché chinois, l’entreprise de M. Wu envisage d’importer plus de 10.000 tonnes de sésame africain cette année, contre plus de 3.000 tonnes l’année dernière. Les statistiques des douanes de Shanghai montrent qu’au cours des deux premiers mois de cette année, les ports de Shanghai ont importé plus de 40.000 tonnes de produits agricoles africains, dont le sésame, pour une valeur de plus de 100 millions de dollars. Au Togo, le sésame est principalement développé dans les Plateaux, les régions Centrales et Maritimes qui ont le climat idéal pour sa culture du sésame.

Une stratégie de promotion de la filière sésame

Au Togo, l’Initiative Sésame est née de la collaboration entre le Ministère de la Promotion de l’Investissement (MPI) et le Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement Rural (MAEDR) avec l’appui de la Facilité pour la Réforme du Climat d’Investissement (ICR) afin de développer la filière du sésame.

 La première phase de l’étude a permis d’identifier les défis de la filière sésame à savoir :  le manque de structuration des professions de la filière, le déficit de maitrise des techniques de production par les agriculteurs, et le coût élevé des intrants. La deuxième phase de l’étude, dite de guidage de la stratégie, quant à elle, a consisté à la rédaction du diagnostic stratégique, aux entretiens avec divers experts de la filière et à la tenue de deux réunions de restitution à Kara et à Lomé.

Trois grandes lignes d’action

Il se dégage du diagnostic et des différentes rencontres avec les experts une stratégie qui s’oriente vers une production de matière première bio à court terme et vers une production bio transformée à long terme. Pour atteindre ces objectifs, les consultants ont proposé trois grandes lignes d’action pour développer et renforcer la compétitivité de la filière à savoir : l’amélioration de la connexion aux marchés et le renforment des partenariats ; le support aux bonnes pratiques (production bio) et, le support à la transformation primaire.

La prochaine et dernière phase consistera essentiellement en la rédaction du plan d’action et des réunions de restitution des activités accomplies qui marqueront la fin de l’étude. De ces travaux découleront un document final de mise en œuvre d’une stratégie de promotion de la filière et d’attraction d’investisseurs. Tout l’intérêt de cette étude réside notamment dans les retombées directes sur les acteurs de la filière, à savoir l’augmentation des revenus, la garantie des débouchés, la réglementation des prix de ventes permettant d’éviter les fluctuations et la disponibilité des matières premières pour les transformateurs.

Cela permettra également d’ajouter de la valeur à l’économie togolaise et d’améliorer la balance commerciale et les termes de l’échange à travers l’exportation de produits transformés et donc une meilleure contribution du secteur agricole au PIB du Togo.

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