L'économiste du Togo

Togo: La barre d’un milliard $ d’investissements  

Le Représentant de la Banque mondiale au Togo, Fily Sissoko, reçu en par le chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé, le 22 septembre 2022, a fait savoir au terme des échanges avec le Président de la République que l’enveloppe allouée par l’institution de Bretton Woods au Togo pour les prochaines années pourrait atteindre 1 milliard $ supplémentaire.

« Avec les efforts importants que le Togo a faits ces dernières années, nous avons un portefeuille qui a quadruplé, et est passé aujourd’hui à près de 900 millions $ dans divers secteurs », a déclaré Fily Sissoko.

 « Les années à venir, nous comptons augmenter cette enveloppe avec un financement entre 800 millions $ et 1 milliard $, pour accélérer la mise en œuvre de la feuille de route du gouvernement, dans les domaines-clés de la protection sociale, pour aider les populations les plus vulnérables », a-t-il ajouté en ajoutant que « le Président de la République m’a fait l’insigne honneur de me recevoir au début de ma mission au Togo.

Nous avons discuté des mécanismes pour accélérer l’accès aux infrastructures de base et appuyer le développement du capital humain ».

 Occasion pour le chef de l’Etat de partager sa vision du développement économique et social avec le nouveau Représentant de l’institution de Bretton Woods et l’a encouragé à poursuivre les efforts pour accompagner notre pays dans la mise en œuvre de la Feuille de route gouvernementale Togo 2025.

Rebond de la croissance du PIB

Après un ralentissement de la croissance du PIB à 1,8 % pendant la pandémie de COVID-19 en 2020, le Togo a connu un rebond à 5,3 % en 2021, reflétant un progrès dans le secteur des services. Du côté de la consommation, les dépenses des ménages et les investissements publics et privés ont fortement contribué à la reprise.

L’investissement public devrait rester fort en 2022 en raison de la mise en œuvre de la “Feuille de route Togo 2020-2025”, diminuant progressivement au profit de l’investissement privé au cours des prochaines années.

 L’inflation reste une préoccupation en raison de la hausse des prix internationaux des produits alimentaires et du pétrole. Le déficit des transactions courantes s’est élargi à 3,2 % en 2021, soit plus du double de son niveau de 2020. Les dons et les prêts concessionnels ont contribué à financer le déficit de la balance courante.

Le déficit budgétaire est resté élevé, à 6,5 % du PIB en 2021, entraînant une augmentation de la dette publique de 60,3 % du PIB en 2020 à 64,7 % en 2021.

Le chemin vers une reprise inclusive et durable dépendra de la gestion réussie des risques qui pourraient réduire la marge de manœuvre budgétaire et décourager l’investissement privé.

 Il s’agit notamment des obstacles à la mise en œuvre de la « Feuille de route Togo 2020-2025 », des fluctuations des prix internationaux dues à des chocs d’offres, des risques sécuritaires dans le nord du pays, des nouvelles vagues de COVID-19, de la dette intérieure croissante et coûteuse, et des risques budgétaires liés aux partenariats publics privés, aux entreprises publiques et aux subventions intérieures.

Le PND pour transformer structurellement l’économie

Au Togo, la politique actuelle de développement du gouvernement figure dans son Plan national de développement (PND) pour les années 2017-2022 qui a été actualisée dans la « Feuille de route gouvernementale 2020-2025 ».

Son objectif global est de transformer structurellement l’économie pour favoriser une croissance forte, l’inclusion sociale, la création d’emplois et la modernisation des institutions, notamment à travers le développement du numérique.

Le Cadre de Partenariat entre le Groupe de la Banque mondiale et le Togo (CPF) est aligné sur le PND et la « Feuille de route gouvernementale Togo 2020-2025.

Il finance plusieurs projets pour : soutenir le développement du secteur privé et la création d’emplois en appuyant les secteurs productifs, ainsi que l’accès à l’énergie et au numérique ;   améliorer la gouvernance et renforcer les capacités institutionnelles ; renforcer le capital humain en améliorant l’accès aux services publics essentiels notamment l’éducation, la santé, l’eau et l’expansion des mécanismes de protection sociale ;    soutenir la résilience et la durabilité écologique.

Au 31 mars 2022, le portefeuille de la Banque mondiale s’élève à $917,5 millions, couvrant au total 19 projets. Ces projets sont financés essentiellement par l’Association internationale de développement (IDA), la filiale du Groupe de la Banque mondiale qui soutient les pays pauvres.

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