Léconomiste du Togo

Une étude alerte sur le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest

Prenant pour cas d’étude la Côte d’Ivoire, elle vise à soutenir les décideurs, les acteurs de la sécurité et les centres de recherche dans l’élaboration de stratégies efficaces.

Une nouvelle étude souligne que le blanchiment d’argent constitue « une menace majeure » pour la stabilité économique, les institutions publiques et la cohésion sociale dans les économies intermédiaires, en prenant pour cas d’étude la Côte d’Ivoire. Publiée conjointement par le programme régional SIPODI West de la Fondation Konrad-Adenauer et le Centre de recherche scientifique ouest-africain (CRSOA), l’étude met en évidence le rôle du dynamisme économique, des innovations financières et des faiblesses réglementaires dans l’essor des réseaux de blanchiment en Afrique de l’Ouest.

En Côte d’Ivoire, l’impact financier du phénomène est jugé considérable, avec des pertes annuelles estimées à 1 300 milliards de francs CFA (environ 2,2 milliards de dollars). Ce manque à gagner pour le budget national freine les investissements publics prioritaires et alimente les circuits de financement du terrorisme régional.

Les mécanismes de blanchiment d’argent deviennent de plus en plus complexes et transfrontaliers

L’étude identifie des mécanismes de blanchiment de plus en plus complexes et transnationaux, ainsi que des faiblesses structurelles dans les dispositifs de contrôle. Elle souligne des coûts économiques élevés, liés à la fuite des capitaux et aux pertes fiscales, et des liens avec la criminalité organisée. Elle montre également que quatre secteurs sont particulièrement exposés, offrant des canaux propices à la dissimulation de fonds d’origine douteuse : le système bancaire, porté par l’essor de la monnaie électronique, les finances publiques, le commerce de gros et la distribution, ainsi que le marché immobilier, considéré comme l’un des plus critiques.

L’étude préconise un renforcement des mécanismes de contrôle, une meilleure coopération internationale et des investissements accrus dans la formation et les outils de surveillance financière, y compris l’intelligence artificielle, afin de contenir un phénomène jugé en expansion dans les économies africaines en croissance. La mise en œuvre effective du cadre juridique reste le principal défi. L’étude pointe une coordination insuffisante entre les organes de contrôle, dont la Cellule nationale de traitement des informations financières, et l’appareil judiciaire ainsi qu’un déficit de formation spécialisée et des réticences dans certains segments du secteur privé.

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