La Chaire OMC a présenté les résultats de deux études majeures portant sur l’impact de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) sur les chaînes de valeur agricoles en Afrique de l’Ouest et sur la performance de la filière coton dans l’espace CEDEAO. La présentation s’est déroulée le 24 juin 2026 au cours d’une conférence-débat sur le thème : « Impact de la ZLECAf sur les chaînes de valeur agricoles en Afrique de l’Ouest », organisée par la Direction de la Recherche et de l’Innovation (DRI), en collaboration avec l’ED731-DEG et la Chaire OMC.
Présentés par le Pr Koffi SODOKIN, le Dr AKAKPO Afi Florence et le Dr Moubarak KORIKO, les résultats des deux études révèlent que la ZLECAf a eu un impact positif sur la valeur ajoutée agricole, estimé à 10,5 % en 2024.
Les travaux démontrent que la création de valeur repose davantage sur la transformation locale des produits agricoles et l’intégration régionale que sur l’exportation brute des matières premières.
Le titulaire de la Chaire OMC, le Pr Akoété Ega AGBODJI a rappelé que la ZLECAf constitue une opportunité stratégique pour le continent, à condition de renforcer la gouvernance, les infrastructures et l’organisation des producteurs.
La première étude souligne que l’agriculture occupe une place centrale dans les économies de la région. Au Togo, elle représente près de 40 % du PIB et fait vivre plus de 60 % de la population active.
La seconde étude met en évidence l’importance du regroupement des producteurs en coopératives, identifié comme le mécanisme le plus efficace pour améliorer les revenus des petits exploitants. À l’inverse, l’accès au crédit et les formations techniques profitent davantage aux exploitations déjà structurées.
Par ailleurs, les études montrent que la filière coton demeure stratégique pour les pays de la région, mais qu’elle souffre d’un faible niveau de transformation locale, inférieur à 5 %. Elles soulignent également les difficultés d’accès au financement pour les petites et moyennes entreprises agricoles, malgré les importants investissements réalisés par les institutions régionales. Également, elles mettent en évidence le rôle déterminant de facteurs tels que la qualité de la gouvernance, l’accès à l’électricité, la pénétration d’Internet et l’organisation coopérative des producteurs.
Face aux défis liés aux chocs économiques mondiaux, aux tensions géopolitiques et aux mutations de l’espace régional ouest-africain, les chercheurs préconisent une stratégie fondée sur le renforcement de l’intégration régionale, la souveraineté sur les intrants et le financement, ainsi que la valorisation des exigences de qualité, de traçabilité et de durabilité.
Le Premier Vice-Président de l’Université de Lomé Pr Komlan BATAWILA représentant le Président de l’Université de Lomé, le Pr Kossivi HOUNAKE, a rappelé que la ZLECAf représente un levier majeur pour l’agriculture africaine grâce à l’ouverture d’un vaste marché continental. Il a insisté sur la nécessité d’accélérer la transformation locale des produits agricoles afin de créer davantage d’emplois et de renforcer la compétitivité des économies africaines.