La MIGA et AMEA Power ont signé un accord inédit pour soutenir jusqu’à 23 projets d’énergies renouvelables. Ce mécanisme de garanties, d’un montant de 1,48 milliard de dollars, vise à accélérer les investissements et renforcer la sécurité énergétique dans plusieurs pays émergents.
La première phase du programme couvrira notamment la Côte d’Ivoire, Djibouti, l’Égypte, la Jordanie, l’Afrique du Sud, le Togo, l’Ouganda et l’Ouzbékistan. À terme, plus de 17 000 emplois directs devraient être générés durant la phase de construction. Le 9 avril 2026 à Washington, Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) a conclu un accord-cadre stratégique avec AMEA Power pour soutenir un portefeuille de garanties couvrant jusqu’à 23 projets d’énergies renouvelables et de stockage d’énergie. Le partenariat marque un tournant dans l’approche de financement des infrastructures énergétiques. Contrairement aux modèles traditionnels fondés sur des garanties projet par projet, ce dispositif repose sur une logique de portefeuille, permettant de mutualiser les risques et d’accélérer les délais d’exécution. Au total, la MIGA mobilisera jusqu’à 1,48 milliard de dollars de garanties, facilitant environ 1,65 milliard de dollars d’investissements en fonds propres, quasi-fonds propres et prêts d’actionnaires. Les projets concernés incluent des parcs éoliens terrestres, des centrales solaires photovoltaïques et des systèmes de stockage par batteries, répartis en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie centrale. Chaque projet bénéficiera d’une couverture contre les risques politiques sur une durée pouvant atteindre 15 ans. Cette protection inclut les risques d’inconvertibilité des devises, d’expropriation, de conflits ou encore de rupture de contrat. Les premières garanties ont déjà été accordées pour deux projets en Égypte, représentant plus de 150 millions de dollars d’investissements. Sur le plan technique, la phase initiale du portefeuille permettra de générer environ 2 766 MW de capacité de production électrique et 2 729 MWh de stockage. Ce déploiement contribuera à renforcer la stabilité des réseaux électriques et à favoriser l’intégration à grande échelle des énergies renouvelables.
Nouvelle architecture financière au service des marchés émergents
Cet accord illustre une évolution majeure dans les instruments de financement du développement. En adoptant une approche de portefeuille, la MIGA introduit un mécanisme plus flexible et plus rapide, mieux adapté aux besoins des marchés émergents. Selon Tsutomu Yamamoto, cette opération constitue une étape symbolique, portant le volume total des garanties émises par l’institution à plus de 100 milliards de dollars depuis sa création en 1988. Elle témoigne de l’engagement renforcé du Groupe de la Banque mondiale à mobiliser des capitaux privés au service du développement. Du côté d’AMEA Power, son président Hussain Al Nowais met en avant les avantages de ce modèle, qui permet d’atténuer les risques souverains et d’améliorer la visibilité des rendements pour les investisseurs. En combinant diversification géographique et technologique, ce cadre renforce l’attractivité des projets énergétiques dans des environnements perçus comme risqués. Par ailleurs, l’implication du Guichet du secteur privé de l’Association internationale de développement (IDA) souligne le rôle croissant du financement mixte dans la mobilisation de ressources privées. Cette approche hybride apparaît désormais comme un levier essentiel pour combler le déficit de financement des infrastructures énergétiques dans les pays en développement.