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Léconomiste du Togo

NEISA 2026: Appel à une souveraineté énergétique portée par le nucléaire


Au sommet NEISA 2026 à Kigali, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a plaidé pour une stratégie nucléaire africaine concertée. Face aux besoins croissants du continent, il a défendu le nucléaire civil comme levier d’industrialisation, de souveraineté énergétique et de transformation économique durable.

Plaidoyer africain pour le nucléaire civil. Le sommet sur l’innovation en matière d’énergie nucléaire pour l’Afrique, NEISA 2026, s’est ouvert le 19 mai 2026 à Kigali autour du thème : « Énergiser l’Afrique pour l’avenir : transformer l’ambition nucléaire en réalité investissable ». La rencontre a réuni plusieurs dirigeants africains et responsables internationaux, notamment Paul Kagame, Samia Suluhu Hassan et Rafael Mariano Grossi. Parmi les interventions les plus remarquées, figure celle du Président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, qui a défendu une approche africaine concertée du nucléaire civil. Dans son discours, le dirigeant togolais a replacé les enjeux énergétiques dans une perspective de souveraineté et de responsabilité collective. Il a rappelé que les besoins énergétiques du continent continueront d’augmenter avec l’urbanisation, l’industrialisation et la numérisation des économies africaines. Selon lui, les seules énergies renouvelables ne suffiront plus à répondre à la demande future. Tout en réaffirmant l’engagement du Togo en faveur du solaire et de l’hydraulique, il a estimé que les industries de transformation, les centres de données et le développement du numérique africain nécessiteront une énergie stable, compétitive et décarbonée. Le Président du Conseil a ainsi présenté le nucléaire civil, notamment les petits réacteurs modulaires et les microréacteurs, comme une option désormais crédible pour le continent. Il a également détaillé les initiatives engagées par le Togo dans ce domaine. Membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique depuis 2012, le pays a adopté une législation sur l’usage sécurisé et pacifique du nucléaire et créé, en janvier 2025, un Commissariat à l’énergie atomique. Le Togo explore également le recours aux microréacteurs modulaires pour alimenter les zones non connectées au réseau national. Le Président du Conseil a enfin insisté sur la nécessité d’une coopération continentale renforcée. Il a appelé les États africains à mutualiser leurs régulations, harmoniser leurs standards et construire un cadre africain de financement du nucléaire avec l’appui des banques de développement, des fonds souverains et des investisseurs privés. L’accent a aussi été mis sur la formation des compétences africaines dans les domaines scientifiques, techniques et réglementaires liés au nucléaire. À l’issue des travaux, Paul Kagame a salué le leadership du Togo dans le domaine énergétique et annoncé que la prochaine édition du sommet NEISA se tiendra au Togo.


Une alternative complémentaire aux énergies renouvelables


Le discours du Président du Conseil marque une évolution importante dans le débat énergétique africain. Face à la croissance démographique, à l’industrialisation et à la transition numérique, les besoins énergétiques du continent deviennent un enjeu stratégique majeur. Le nucléaire civil apparaît progressivement comme une alternative complémentaire aux énergies renouvelables pour garantir une production stable d’électricité à grande échelle.

L’intérêt croissant pour les petits réacteurs modulaires traduit également une évolution technologique qui pourrait permettre à plusieurs pays africains d’accéder à une énergie nucléaire plus flexible et adaptée à leurs réalités économiques. Le plaidoyer du Togo met surtout en avant la question de la souveraineté énergétique. Pour plusieurs États africains, maîtriser les technologies énergétiques devient indispensable afin de réduire la dépendance extérieure et soutenir la compétitivité industrielle. Toutefois, le développement du nucléaire africain nécessitera d’importants investissements, des garanties de sûreté, des cadres réglementaires solides et la formation d’une expertise locale durable.

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